Demain, une célèbre chaine de la grande distribution lancera une opération baptisée « biscuits moches ».

Vous vous souvenez de cette pub pour la Vache qui Rit :

Trop typé, trop maigre, trop lourd, et bien cette semaine pour ceux-là, le casting ne sera pas rédhibitoire. Au contraire. Les biscuits d’habitude recalés uniquement sur leur physique: les cassés, les gondolés, les mal calibrés, quand ils sortiront de l’Agro Mousquetaire de Quimper, ils auront leur place dans un paquet, à leur effigie : « Les biscuits moches ». En rayon jusqu’à dimanche, 30% moins chers que les goûters standards.

gueules cassées OK
gueules cassées OK © Radio France

Ce genre d’opération a déjà eu lieu pour d’autres produits avec l es légumes moches, lancés par un collectif qui s’appelle « Les Gueules cassées », avec leur petit logo de fraise édentée. Ces « Gueules cassées » on peut les trouver chez Carrefour chez Leclerc, Monoprix, Franprix, Spar, Vival, là encore avec ce même principe: les mal-fichus, les biscornus, bref les recalés du cageot coûtent 30% moins cher.

En 8 mois cette année, 10.000 tonnes de fruits et légumes ont été vendues avec cette étiquette. Il existe aussi une marque Antigaspi qui vous vend du camembert moche tout droit sorti des laiteries Gillot en Normandie (il a même été récompensé par la Fédération des Entrepreneurs de France en septembre dernier) et les produits Gueules cassées vont même s’exporter en Allemagne et aux Etats-Unis d’ici la fin de l’année.

Et puis, vous avez aussi des start-up qui permettent aux producteurs d’écouler leurs invendables: en Belgique Foodwe.fr. O u en France « Zéro-gâchis » mais là, c’est plus ciblé sur les produits qui frôlent la date limite de consommation.

Derrière ces opérations, est-ce qu’on peut se féliciter d’une avancée dans la lutte anti-gaspi? Je voudrais tellement pouvoir répondre "oui", surtout quand on sait qu’un Français jette en moyenne 20 kilos de nourriture par an, soit 400 euros jeté par la fenêtre pour une famille de 4 et quand on sait que l’Union Européenne jette 89 millions de tonnes d’aliments par an.

Mais voilà, en août dernier, Ségolène Royal, qui voulait instaurer une loi anti-gaspillage qui s’inspirait de ces actions, a cédé face aux distributeurs. Leur engagement anti gaspillage dépend de leur bon vouloir. Donc derrière la jolie opération de com’ des biscuits moches, il y a surtout une belle façon de ne pas agir sur le fond.

C’est dommage, on avait là une belle occasion de faire des économies, de réorganiser une filière alimentaire qui en a besoin et d’économiser la planète.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.