Hier s’est ouvert à Paris le salon des micro-entreprises, ces PME qui comptent moins de 10 salariés. Aujourd’hui, les femmes entrepreneurs sont à l’honneur. Elles sont 820 000 en France.

le projet de loi pour l'égalité femmes-hommes présenté en conseil des ministres
le projet de loi pour l'égalité femmes-hommes présenté en conseil des ministres © reuters

Portrait robot de la femme entrepreneur : elle a entre 37 et 40 ans quand elle se lance, elle ouvre une entreprise de services, généralement plus petite que celle dirigée par ses homologues masculins, et déclare travailler une cinquantaine d’heures par semaine, ce qui est moins que ses collègues hommes.

Pour elles les premières complications ont commencé à la banque, comme l’explique Alain Bosetti, président du Salon des micro-entreprises :

Comment expliquer l’attitude des banques ?

Les banques préfèrent prêter aux hommes plutôt qu’aux femmes parce qu’elles estiment que le retour sur investissement sera supérieur. C’est essentiellement dû au fait qu’elles assument en grande partie encore, l’essentiel des tâches ménagères. Et dans l’esprit de la banque, ça freine le développement de l’entreprise. Donc en résumé, il faut que la femme apporte la preuve que son mari fait bien le ménage et s’occupe des enfants à sa place.

C’est ce qui explique que les femmes restent moins nombreuses que les hommes à se lancer dans l’aventure. On compte autant de porteurs de projet masculins et féminins, mais à l’arrivée, l’écart se creuse : 70% d’hommes, 30% de femmes. L’écart est grand entre le nombre de celles qui voudraient bien et celles qui le font réellement.

Résultat : on compte 820 000 femmes à la tête d’entreprises qui comptent moins de 10 salariés. En France, ce chiffre n’a pas presque pas bougé en 20 ans. Ensuite, il leur manque parfois quelques codes. Et c’est bien pour cette raison que Julia Mouzon, une polytechnicienne passée par Bercy , a inventé « Femmes pouvoir », pour les guider dans leur premiers pas :

Au final, y a-t-il une vraie différence entre une entreprise dirigée par un homme et une entreprise dirigée par une femme ? Disons qu’il y a des tendances : l’entreprise bâtie par une femme va grandir moins vite, mais sera plus pérenne. Les femmes vont prendre moins de risques, mais sécuriser et construire dans la durée.

D’après le baromètre Caisse d’Epargne, une entreprise masculine réalise un chiffre d’affaire moyen de 150 000 euros annuels, contre 71 000 pour une femme.

Conséquence : seuls 3% des entreprises « féminines » se développent à l’international.

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