le gouvernement répond aux préoccupations des chauffeurs de taxis
le gouvernement répond aux préoccupations des chauffeurs de taxis © reuters

C'est une véritable bataille que se livrent en ce moment les taxis et leurs nouveaux concurrents sur le marché: les VTC, véhicules de tourisme avec chauffeur. Plus chers mais aussi plus accessibles. Les taxis traditionnels les ont donc dans leur ligne de mire.

Et pour ralentir le développement de ces gêneurs ils ont réussi à tourner le projet de loi sur la consommation de Benoît Hamon qui arrive la semaine prochaine au Parlement, à leur avantage.

Les taxis tremblent, et savez-vous qui les fait trembler ? Et bien c'est un dénommé Uber, un prénom bien français (sans "H") et qui vous offre un service qui pourrait changer la vie de milliers de citadins à l'heure de pointe.

Avec l'application de votre i-Phone, vous commandez un chauffeur privé. Le système de géolocalisation, signale les voitures les plus proches. Vous en sélectionnez une, elle passe vous chercher, 10 minutes d'attente maximum, pas d'argent liquide, la course est débitée de votre carte bleue et la facture arrive sur votre e-mail.

Alors attention, pour l'instant, c'est un service de luxe. Les véhicules sont toutes de grosses berlines, et le tarif plus cher qu'un taxi traditionnel. C'est 100 euros par exemple pour se rendre à Roissy du centre de Paris.

Uber ne compte pas en rester là

D'abord parce qu'il développe déjà Uber X, son offre low coast. Et ensuite parce qu'il en a sous le capot, Uber. Derrière lui, figurez-vous qu'il y a un mastodonte, Google ventures, c'est le fond d'investissement de Google. Il vient de placer 250 millions de dollars dans le développement d'Uber à l'International, avec un nouveau projet futuriste de voiture sans chauffeur.

Uber est le plus spectaculaire, mais d'autres offres du même type existent déjà comme LeCab, Chauffeur privé, SnapCar.

La réaction des 55 000 taxis traditionnels français

Ils ont déterré la hache de guerre. Comme à chaque fois, souvenez-vous :

  • en 2008 : le rapport de Jacques Attali et sa solution de bon sens pour arrêter la pénurie: augmenter le nombre de taxis. Deux grosses grèves plus tard, queue de poisson, fini le rapport.

  • en début d'année : changement de réglementation sur le transport de malades. Enorme opération escargot le 10 janvier et voilà le projet dans le décor

  • dernière bataille gagnée par les taxis traditionnels : le 27 juin, ils ont juste menacé de prendre la rue. Résultat le gouvernement a rajouté une ligne dans le projet de loi sur la consommation de Benoît Hamon examiné la semaine prochaine. Les VTC devront attendre 15 minutes entre le moment où ils reçoivent l'appel de l'Iphone et le démarrage de la course.

La réaction des nouveaux taxis

Pour eux c'est encore un coup de frein : ils n'ont déjà pas le droit d'être hélés dans la rue, de prendre des passagers à l'aéroport ou une réservation à l'avance. Tout ça déjà sous la pression des anciens. Le patron de SnapCar, Dave Ashton, un Américain furieux a donc écrit ceci la semaine dernière, au très influent patron des taxis G7 Nicolas Rousselet:

Permettez aux usagers d’en finir avec les minutes d’attente, les humeurs et le bon vouloir des taxis quant à la destination de la course, les cartes bancaires qui sont refusées car le terminal est en panne… Acceptez la concurrence, Laissez l’emploi se développer, il me semble que la France en a besoin.

La réponse n'a pas tardé, cinglante signée Didier Hogrel, président de la Fédération nationale du taxi. En substance, "cher ami retournez dans votre pays". Enfin… C'était formulé plus poliment: __

Je ne puis donc que vous inviter si les contraintes et la législation française ne vous conviennent pas, à retourner en Californie.

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