Le gouvernement a confié une mission d'étude sur les monnaies locales complémentaires à un élu Nantais, Jean Philippe Magnen. Son rapport est attendu pour juin, ses premières recommandations ce mois-ci.

Monnaie Argentine
Monnaie Argentine © hadsie

La Sonante est la monnaie locale de Nantes qui devrait voir le jour dans les semaines qui viennent. L'idée, c’est que vous n'avez rien en main. Pas de pièce, pas de billet, pas de chéquier.

Et surtout, vous n'avez pas affaire à votre banque... Pas d'agios pas de frais. La Sonante, c'est invisible, c'est virtuel. Si vous êtes une entreprise et que vous passez commande à votre fournisseur, vous enregistrez un débit de votre côté.

Elle enregistre une créance du sien et cette créance, elle la comblera quand vendra ses produits. C'est immédiat, vous annulez donc les délais de paiement, qui plombent la trésorerie et la monnaie circule trois fois plus vite. Et tout cela sans aucune spéculation.

Ces monnaies locales existent déjà en France et à l'étranger : il y en a 5 .000 exemples à travers le monde. Au Japon, c'est le Fireaï Kippu. Au Québec, c'est l'Accorderie, le Wir en Suisse, le Makkie à Amsterdam, ou encore le Time Dollar aux Etats-Unis.

Plus proche de nous, dans la ville de Bristol, en Angleterre,

le maire a même décidé de se verser son salaire en Bristol Pound et pas en livre sterling. Mais l'exemple le plus abouti est sans doute le Chimegauer bavarois. C'est la doyenne des monnaies locales, 10 ans d'existence. On dirait des billets de Monopoly, mais malgré leur côté jouet, 600 entreprises allemandes les ont pris au sérieux et se les échangent régulièrement.

Et puis, en France, aussi il y a des exemples dans de nombreux départements : vous pouvez payer en Sol violette à Toulouse, en Gallero en île-et Vilaine, en Abeille à Villeneuve-sur-Lot en Déodat à Saint-Dié des Vosges ou en miel dans le Libournais.

On voit que ces expériences pas très visibles sont menées un peu partout, mais ces monnaies sont-elles vraiment amenées à se développer?

Un énorme pas serait franchi si les trésoreries générales françaises et plus généralement les services publics, les acceptaient. Pour l'instant, ils les regardent toujours comme des monnaies de singe et exigent des euros.

S'il veut toucher son salaire, le prochain maire de Nantes ne pourra donc pas faire comme le maire de Bristol : i l devra se payer en euros et pas en Sonantes.

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