De quoi sont faits nos vêtements? Plus souvent qu'on ne le croit, de produits toxiques pour l'environnement mais aussi pour la santé. Pour mettre fin à ses pratiques, Greenpeace lance une grande campagne de détox de nos garde-robes.

Greenpeace a piour cela lancé un spot qui commence ainsi: la beauté d'un mannequin photographié à la plage, un défilé de mode, puis, progressivement, ces belles images laissent place à des silhouettes éthérées à la bouche bâillonnée et qui pleurent des larmes d'encre :

Greenpeace désigne nommément les coupables à ses yeux. Il y a quelques jours, à Davos, en marge du forum économique, l'ONG a décerné le prix de la honte à la marque de vêtements Gap en raison de son attitude au Bangladesh.

Mais Greenpeace a depuis peu une autre grande marque assez prestigieuse dans son collimateur : Burberry , dont les jolies chemises en tartan à 300 euros contiendraient du nonylphénol et des éthoxylates, deux substances qui perturbent les hormones le système reproductif et immunitaire.

Ces vêtements sont dangereux à porter, mais aussi à fabriquer. C'est grave pour l'environnement et pour toute notre chaîne alimentaire.

En Chine, vous avez une ville devenue l'atelier du monde des vêtements pour enfants, avec 200 à 300 millions d'articles produits chaque année et écoulés dans tous les papiers: c'est "Shishicity". Quand vous regardez le port avec des images satellite, vous voyez comme une grosse tache d'encre, dans la mer : c'est le rejet des teintures, l'équivalent de 50 piscines remplies d'eau toxique.

Petit zoom avant maintenant sur "Shishicity" : vous découvrez que c'est un village de pêcheurs.

En Chine, des villages de ce type, Greenpeace en dénombre 435. Alors vous me direz « ce n'est pas chez nous ». Mais une fois chez vous, justement, ces vêtements vous les lavez et en les mettant dans la machine à laver vous libérez les substances toxiques qu'ils contiennent, qui se retrouvent à leur tour dans votre environnement proche d'une manière ou d'une autre. Enfin, dernier argument pour les enfants qui mâchonnent les vêtements et qui tout simplement grandissent encore, mieux vaut éviter tout ce qui perturbe le système nerveux, immunitaire, et endocrinien.

Cette campagne détox de Greenpeace a déjà un impact: 18 leaders de la mode ont déjà choisi de s'engager auprès de Greenpeace et de veiller à rendre leurs vêtements un peu plus bio. Nike, Adidas, Puma, Esprit, Zara, Benetton, Valentino, en sont quelques uns. Un moindre mal en terme d'image. Il faut dire que personne n'a songé à contester le sérieux de l'enquête menée par l'organisation: 1 mois de tests dans 25 pays du monde.

Au final, à ce jour, 500 000 personnes ont déjà signé la pétition pour interpeller les marques sur leur processus de fabrication.

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