accord à bruxelles sur la question des travailleurs détachés
accord à bruxelles sur la question des travailleurs détachés © reuters

C’est une initiative issue d'entrepreneurs de la Côte fleurie, de Deauville à Cabourg : une vingtaine de patrons du bâtiment a décidé de faire elle-même la chasse au travail illégal.

C'est de la dénonciation, de la délation et pignon sur rue, parfaitement assumée. Une camionnette blanche immatriculée à l'étranger, des ouvriers qui ne parlent pas français et qui dorment sur le chantier : les patrons du coin prennent leur téléphone et appellent l'URSSAF, qui intervient.

A l'origine de cette initiative, il y a un Claude Halgatte, à Deauville, 34 salariés, patron d'une SARL spécialisée dans la peinture et la vitrerie. Et à l'entendre, il ne s'agit pas ici de pister les illégaux, mais juste de signaler à l'administration les chantiers douteux, afin de conserver ce juteux marché des ravalements de résidences secondaires parisiennes face à la mer :

Dans le secteur, cette initiative ne provoque pas de gêne, et fait même l'unanimité auprès des autres acteurs du secteur. C'est l'union sacrée, à la fois à la CGPME de Normandie, chez les syndicats et à l'URSSAF qui perçoit les cotisations. Les petits patrons vous expliquent que leur survie est en question face à cette concurrence déloyale.

Les syndicats, que les règles du Code du travail doivent être respectées pour la santé et la sécurité des ouvriers.

Enfin, l'URSSAF, qu'elle défend les ouvriers exploités, en condamnant les patrons irréguliers. L'instauration de cette pratique de délation lui aurait permis de rentrer 800 000 euros dans ces caisses, c'est en tous cas le chiffre avancé par les dirigeants de PME.

Les entrepreneurs de la Côte fleurie sont-ils réellement fragilisés face à cette concurrence?

Si l’on prend pour référence Claude Halgatte (l'entrepreneur qu'on entendait tout à l'heure), il a les reins solides: 850 chantiers par an et plus de 2 millions d'euros de chiffre d'affaire.

En revanche, pour les ouvriers clandestins payés 3 à 5 euros de l'heure et qui n'auraient pas de papiers en règle, la dénonciation aboutit inéluctablement à leur arrestation, à l'envoi en centre de rétention et à l'expulsion du territoire français.

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