croisiere de rêve
croisiere de rêve © seven seas cuises

Un navire gigantesque doit bientôt voir le jour près des côtes californiennes et je sais parfaitement que si je vous parle d'un bateau de croisière de 8000 m² amarré au large de San Francisco avec des restaurants, un terrain de foot, une piste d'hélicoptère, des théâtres et des magasins… Vous allez penser "La Croisière s'amuse".

Et bien non, ce dont il s'agit ici c'est d'une croisière immobile et très sérieuse, du nom de Blueseed , littéralement "la graine bleue".

Pas question d'escale propice aux ballades en amoureux, le navire ne bougera pas. Il y aura bien des cabines à bord, mais ce sont des bureaux et des logements futuristes et pour héberger qui ? Des milliers d'ingénieurs ultra qualifiés, étrangers, sans visa de travail, ces nouveaux cerveaux de la Sillicon Valley.

1400 entrepreneurs, ingénieurs développeurs étudiants de 68 nationalités différentes (parmi lesquels quelques Français) se sont déjà portés candidats. Leur objectif: y vivre et en faire une technopole nautique qui communiquera avec la Silicon Valley terrestre.

- Qu'est-ce qui s'oppose à la présence de ces ingénieurs sur le sol américain ?

Leurs papiers. Ils sont arrivés avec un visa de touriste. Et vous savez le ticket d'entrée pour le rêve américain c'est toujours la fameuse Greencard, la carte verte. Il y en a un nombre limité.

Les Américains ont instauré des quotas d'immigrés pour le secteur de la high tech et ils n'ont pas le droit de s'en affranchir. Le problème, c'est que les Etats-Unis en ont besoin, de ces étrangers brillants. Ils n'en forment pas assez dans leur universités. C'est donc une façon de conserver les talents sans leur attribuer la nationalité américaine.

- Est-ce attractif pour les étrangers ?

Oui dans la mesure où la Sillicon Valley n'est plus l'eldorado qu'elle était pour les entrepreneurs. Les loyers sont exorbitants. Les places sont chères et l'ambiance ultra compétitive. Alors que sur Blueseed, avec 1300 dollars de loyer, vous pouvez trouver un espace de travail et de quoi vous loger.

- Et puis il y a un autre argument pour faire venir à la fois les jeunes pousses, et les investisseurs.

Blueseed sera ancré dans les eaux internationales. Son pavillon sera celui des Bahamas. Et les entrepreneurs pourront payer leurs impôts là où ils le voudront. Un véritable paradis fiscal flottant, ce qui est assez ironique quand on voit les efforts déployés par les Etats-Unis pour traquer la fraude ces dernières années.

- Le projet semble fou. Les investisseurs sont-ils bien sérieux ?

Le PDG de Blueseed, Max Marty, n'est pas un débutant et surtout, il s'est associé au co-fondateur de PayPal que l'on retrouve derrière de nombreux financements high tech. Donc cela vous parait peut-être une utopie pour l'instant, mais elle devrait bien voir le jour dans un an, inaugurée l'été prochain. L'été prochain, nous serons donc loin de la croisière s'amuse et plus proches de la base secrète du Docteur No !

Les liens

Le projet Blueseed

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