Les sociétés de trading de haute fréquence font l'objet de plusieurs enquêtes aux États-Unis
Les sociétés de trading de haute fréquence font l'objet de plusieurs enquêtes aux États-Unis © Landov/MaxPPP

La croissance américaine n’est pas qu’une passade et elle s’installe dans la durée. Selon la banque Morgan Stanley, les Etats-Unis devraient connaître en ce moment leur plus longue phase d’expansion économique.

C’est le cri de joie de la banque Morgan Stanley. Selon son étude, ce bonheur pourrait durer au moins 6 ans, jusqu’en 2020. C’est vrai que le rebond a été spectaculaire en juin dernier: 4% de croissance.

Alors que se passe-t-il aux Etats-Unis? Quelles sont les raisons de ce succès ?

D’abord, les Américains ressortent leur carte bleue pour s’équiper. Ils achètent des voitures, de l’électroménager: augmentation de 14% de ces deux postes entre avril et juin cette année, une tendance déjà amorcée l’an dernier, du jamais vu depuis 2009 selon les chiffres publiés par la Réserve fédérale.

Cause ou conséquence, on va laisser le débat aux économistes: c’est le grand retour de l’industrie américaine. L’automobile: Ford, Chrysler, tournent à plein…

En juillet dernier, plus de 13 millions de véhicules ont été assemblés, c’est le taux le plus élevé depuis 2000.

Au-delà de l’automobile, les Américains ont retrouvé le chemin des magasins: meubles, appareils électriques…

Une confiance regagnée en partie parce que le chômage a baissé par rapport à 2013 : 280 000 postes créés, le chiffre du chômage s’établissait à 6,1% en juin dernier.

Ensuite, ce qui rend tout le monde optimiste, c’est l’augmentation du Chiffre d’affaires des sociétés : plus des trois quarts d’entre elles l’ont vu augmenter cette année.

Enfin, pour compléter le panorama, la dette américaine est quasiment résorbée et c’est aussi qui redonne de l’air aux ménages et aux entreprises…et qui permet de dire aux analystes que la croissance est là pour durer.

Mais il y a un autre ingrédient à cette croissance qui ne convient pas forcément à tout le monde : les salaires

Le coût du salaire horaire est resté quasi inchangé entre 2000 et 2012. Du coup, seuls 30% des Américains disent vivre mieux qu’en 2008. Ils sont 36% à penser devoir retarder l’âge de leur départ à la retraite.

L’impact sur les grandes décisions de vie a également été fort :

  • 42% ont reporté la décision d’acheter une voiture

  • 18% ont remis à plus tard leur mariage (mis par ordre d’importance !)

Enfin, il y a aussi un facteur extérieur à cette croissance.

Comme on dit, le malheur des uns fait le bonheur des autres.

C’est parce que l’économie européenne ne tourne pas à plein régime que celles des Etats-Unis peut prospérer sans risque de surchauffe . Les Etats-Unis qui parient aussi sur la possibilité d’écouler leurs marchandises en Chine.

Pour toutes ces raisons, le « Yihaaaa » des Américains est donc un peu plus fragile que ce que pense la banque Morgan Stanley.

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.