On a rarement compté autant de chefs d'entreprises candidats aux municipales.

A Paris, par exemple, les listes indépendantes se multiplient et quelques patrons réclament une voix dans la gestion du pays.

Imaginez, un jour, un chef d'entreprise Président de la République. Un patron à poigne à la tête de France incorporated . Il dirigerait l’hexagone comme on dirige une entreprise. En gestionnaire, il saurait combler le déficit budgétaire. En stratège, il relancerait la croissance et remettrait du même coup les chômeurs au travail. Un dirigeant homme providentiel, comme en son temps un général.

C'était le rêve que faisait tout haut le journal Le Nouvel Economiste en octobre dernier. Il faisait même de ce rêve sa Une.

Entre temps, l'idée a fait son chemin : plusieurs patrons ont commencé à y penser en se rasant le matin, et certains, à s'impliquer dans la vie politique en se lançant dans la campagne des municipales.

charles beigbeder compte présenter une liste dissidente de droite à paris
charles beigbeder compte présenter une liste dissidente de droite à paris © reuters

Vous avez Charles Beigbeder, le frère de Frédéric, patron de selftrade Happytime, ou encore Audacia. Il a lancé sa liste la semaine dernière: "Paris libéré" pour le 8ème arrondissement de Paris

Denis Payre, fondateur d'un éditeur de logiciel et d'une plateforme logistique a lancé son parti "Nous citoyens".

Ou encore Denis Jacquet, il est président de "parrainer la croissance", cofondateur de Edu Factory, numéro 2 sur une liste indépendante du 16ème arrondissement de Paris.

Et voici comment il explique la valeur ajoutée de sa candidature en politique :

Sauf qu’en France comme à l'étranger, on a déjà vu des entrepreneurs devenus politiques : et ce n’est pas toujours un succès.

On pense par exemple aux affaires qui entachent les noms de Bernard Tapie, de Serge Dassault ; à Francis Mer, ex PDG d'Usinor Sacilor devenu Ministre de l'Economie qui s'est heurté de plein fouet à la forteresse de Bercy ; ou en Italie, à Silvio Berluconi en Italie.

Mais il y a d'autres exemples de transfuges moins connus et qui font leur chemin en politique: Benoît Hamon, l'actuel Ministre de l'Economie Solidaire, était associé dans une petite entreprise d'analyse avant de s'investir au PS.

En fait, en France, ce que dénoncent la plupart des chefs d'entreprises qui se lancent dans la vie publique, c'est avant tout leur sous représentation.

Au Sénat ils ne sont que 20 sur 348 Sénateurs, et une trentaine simplement à l'Assemblée nationale. La grande majorité à l'UMP, donc dans l'opposition, ce qui est bien sûr moins efficace pour faire passer ses idées.

Quel est leur programme?

Rien de très concret pour le 16ème arrondissement de Paris du côté de Denis Jacquet qu'on entendait tout à l'heure. Il l'assume, sa candidature n'a qu'un but: servir de tremplin pour des idées au niveau national.

Quant à Charles Beigbeder, il propose plusieurs axes de réflexion très libéraux: vendre le crédit municipal de Paris, transformer le 12e arrondissement de Paris en Silicon Valley, et renoncer à instaurer 30% de logements sociaux dans la capitale…

Alors certes, les politiques ont certainement beaucoup à apprendre des entrepreneurs, mais les entrepreneurs auront peut-être à apprendre qu'un pays n'est pas tout à fait une entreprise comme les autres. Ou en tous cas, que rapporter de l'argent n'est pas sa vocation première.

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