L’une des mesures phares de la loi du 5 mars dernier, une loi sur la formation professionnelle qui entre en vigueur aujourd’hui précisément est le CPF, sur fond deMarche funèbre .

Aujourd’hui, c’est d’abord et avant tout la mort du DIF, le Droit Individuel à la Formation, ces 120 heures périssables au bout de 6 ans.

Place au CPF, le Compte Personnel de Formation qui née aujourd’hui, avec cette petite musique qui vous accueille sur la page moncompteformation.gouv.fr., qui vous dit tout sur la manière dont ça fonctionne :

le parlement adopte le projet de loi sur la formation professionnelle
le parlement adopte le projet de loi sur la formation professionnelle © reuters

Comment ça marche ?

Si vous êtes salarié, comme pour le DIF, vous gagnez des heures en travaillant : 24 heures par an si vous êtes à temps plein. Et cela les 5 premières années d’activité.

Ensuite, c’est 12 heures par an. Vous avez le droit de cumuler jusqu’à 150 heures, soit 30 de plus qu’avec l’ancien DIF. L’autre différence, c’est que ces heures n’ont pas de date de péremption. Vous pouvez les cumuler et les utiliser jusqu’à la retraite, et surtout, surtout en période de chômage.

Pour activer votre droit à la formation, vous vous connectez sur le site moncompteformation.gouv.fr, et vous pouvez choisir une formation sans l’aval de votre employeur. Sauf, bien sûr, si elle prend sur vos heures de travail.

Avec un choix très large même si ces formations doivent à tout prix être qualifiantes, certifiantes, ou diplômantes. Vous pourrez ainsi choisir des formations permettant soit de vous perfectionner dans votre domaine professionnel, soit de vous aide à vous reconvertir.

C’est financé par qui?

D’abord par les entreprises elles-mêmes : les entreprises de plus de 10 salariés, à hauteur de 0,2% de leur masse salariale. Mais il y a du monde derrière : l’Etat, les Régions les collectivités publiques, l’UNEDIC et enfin les ménages…

Au total une manne de plus de 32 milliards d’euros, même si c’est ce n’est qu’une estimation.

En effet, ces sommes énormes sont versées aux OPCA, Organismes Paritaires de Collecteurs Agrées, plusieurs centaines en France, très rarement contrôlées et qui, longtemps, se sont très généreusement servies sur la bête pour le propre fonctionnement. Avec, bien sûr, des dirigeants d’OPCA grassement payés.

Bref, cela faisait de la formation en France un vrai tonneau des Danaïdes : le pays en Europe où former coûtait le plus cher.

En Grande-Bretagne, avec moins d’argent, on a toujours fabriqué plus de jours de formation. Comme quoi, l’enjeu est moins une question de moyens qu’une question de bonne gestion.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.