Ce matin on s'intéresse à une mesure qui aurait dû être mise en place en ce mois de janvier 2016: l’interdiction des ampoules halogène.

Mais il y a quelques mois la commission européenne a accordé deux ans de sursis à l’halogène, contre toute logique économique et environnementale.

En effet, aujourd’hui si vous devez changer une ampoule, vous avez toujours le choix entre trois solutions:

  • Celle à économie d’énergie, la fluo compacte, entre 3 et 5 euros, celle qui s’allume au bout de 2 minutes et vous baigne pendant des années dans une lumière blafarde.

  • L’halogène, la moins chère, à moins de 1 euro, très consommatrice d’électricité.

  • Et enfin la plus chère: la LED entre 6 et 8 euros, chère à l’achat, mais beaucoup moins énergivore

Petit rappel : depuis 2012 les ampoules à filament ne sont plus en vente.

Ampoule nouvelle génération
Ampoule nouvelle génération © Fotolia

De manière assez logique, pour faire baisser la consommation d’électricité des 28 pays de l’Union, la commission européenne avait donc décidé, en juillet 2014, de supprimer l’halogène du marché.

Bon pour la planète. Bon pour le portefeuille des professionnels et des particuliers.

Sauf qu’un an après, la commission européenne a pris la décision inverse : l’halogène sera autorisé encore deux ans, jusqu’en 2018.

Dans l’intérêt de la planète? Non.

Dans l’intérêt du consommateur? Non plus.

Dans l’intérêt de Philips. Dans l’intérêt d’Osram:

Les deux plus gros producteurs d’halogène dans le monde.

D’où l’écœurement du patron de Lucibel, en France, qui fabrique des LED à Rueil Malmaison ainsi qu’à Barentin en Normandie. Ces deux ans de décalage dans la suppression des halogènes, Frédéric Granotier en mesure les dégâts sur son activité:

ce sont plusieurs dizaines d’emploi qu’il ne créera pas dit-il. Et des millions d’euros de perdus. « C’est un drame, et une incohérence dit-il d’avoir organisé la COP 21 tout en cédant au lobby des halogène »

Est-ce encore un coup des Néerlandais et des Allemands qui ont leurs entrées à Bruxelles?

Et non! A quelques mois de la COP 21, figurez-vous que la France aussi, par le biais du Ministère de l’Economie a usé de son influence pour faire retarder la disparition de l’halogène. Parce qu’il y a, à Molsheim, dans le Bas Rhin, une usine Osram qui menaçait de supprimer il y a quelques mois une soixantaine d’emplois. Le gouvernement, a donc oeuvré en coulisses dans le même sens que Philipps et dans le même sens qu’Osram.

Les puissants producteurs d’halogène en profitent pour gagner du temps, se désengager progressivement de leur activité halogène et investir la LED, évidemment secteur d’avenir.

Philipps envisagerait de céder son activité éclairage.

Moralité, le gouvernement en voulant préserver une soixantaine d’emplois à Molsheim a réussi:

  1. à retarder les économies que pouvaient faire les Français.

  2. à encourager une plus grande consommation d’energie.

  3. A faire gagner du temps aux concurrents des starts up françaises.

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