En Angleterre, c’est aujourd’hui que doit avoir lieu l’appel d’offres pour la privatisation d’un certain nombre de services du plus grand musée londonien. Or il y a quelques mois, les syndicats ont engagé un bras de fer contre cette privatisation : ils refusent qu’elle soit engagée 2 jours avant les élections législatives de ce jeudi.

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Le cinq sept 2013 - Son Eco matin \"National Gallery\"

Vous venez d’entendre un extrait du film « National Gallery », par le réalisateur Frederick Wiseman. Un documentaire sur ces conférenciers, peintres, restaurateurs artistes passionnées par la transmission de la culture…

Sauf que si vous tentez votre chance à la National Gallery dans les semaines qui viennent, il est fort probable que vous trouviez porte close.

Depuis le mois de février, le personnel du musée a fait 23 jours de grève. Dernière en date : le 1er mai, les salariés se sont armés de fleurs de tournesol sur la fameuse place Trafalgar qui fait face au musée, tout un symbole.

Les salariés s’opposent à cette privatisation car si la direction de cette vénérable institution faisait aboutir son projet: 400 salariés sur 600 passeraient sous la houlette d’une compagnie privée.

Métiers concernés: la sécurité des peintures, certains salariés spécialisés sur les informations des collections ou encore ceux chargés des livres scolaires.

documentaire National Gallery
documentaire National Gallery © Radio France

Des salariés plus flexibles, des budgets publics plus serrés : « C’est une déclaration de guerre » dénonce le syndicat PCS, Public and Commercial Services, mais elle fait partie de la politique gouvernementale.

Les employés, eux, estiment que privatisation ne rime pas avec amélioration du service au public (6 millions de visiteurs par an !). Ils ont donc fait circuler une pétition sur internet. Elle a déjà recueilli plus de 40.000 signatures, dont celle du réalisateur Ken Loach.

Ce bras de fer est un vrai test, pas seulement pour la National Gallery, mais aussi pour l’ensemble des institutions et musées britanniques. A la nouvelle Tate Gallery par exemple, de nombreux emplois dépendent du secteur privé. Et puis c’est un test pour les syndicats aussi. Maltraités sous Margaret Thatcher mais aussi sous Tony Blair, ils testent ici sous David Cameron, leur capacité à mobiliser.

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