C’est aujourd’hui le dernier jour de la tournée de Manuel Valls au Japon, l’un des pays les plus fermés au monde en ce qui concerne l’accession des femmes aux postes à responsabilité. Même les mesures incitatives du Premier Ministre japonais Shinzo Abe font un flop.

Pour résumer la situation en Japonais, j’ai envie de vous dire : « mendokusaï », « trop compliqué » en japonais.

Trop compliqué d’augmenter le pourcentage de femmes aux postes de direction, il y a pourtant comme qui dirait une marge de manœuvre puisqu’elles n’en occupent que 11,2 %, l’un des taux les plus bas des pays développés.

Soirée japonaise
Soirée japonaise © CC Thomas

En arrivant au pouvoir, Shinzo Abe avait donc prévu de porter à 30% le nombre de femmes cadres d’ici 2020.

Pour ça, il a proposé un programme de subventions: toute entreprise qui jouerait le jeu aurait droit à un coup de pouce: 300 000 yens pour les PDG qui jouerait le jeu de la féminisation, ce qui représente environ 2.200 euros.

La cagnotte totale de l’opération: 90 millions d'euros. Depuis 1 an environ, le gouvernement attendait donc le retour des fiches d’inscription des entreprises souhaitant participer à l’opération.

Savez-vous combien d’entreprises ont répondu? Pas une seule.

Un bide. Un échec sur toute la ligne pour le Premier Ministre qui en avait fait une mesure phare de son Abenomics ou Womenomics.

Dimanche dernier, aux Nations-Unies, il a de nouveau pris des engagements fermes pour relancer la promotion des femmes et il a annoncé que le montant de la subvention pour les femmes serait multipliée par 2.

Pourtant, les femmes apparaissent comme la seule réserve de force vive du Japon.

C’est tout le paradoxe. Le pays vieillit, manque de main d’œuvre et ne veut pas d’immigrés, il ne reste plus que les femmes.

Les femmes dont 40% ne travaillent pas. Dès qu’elles ont des enfants, c’est un renoncement, tant travail et vie de famille son cauchemardesques.

Pour beaucoup de jeunes femmes aujourd’hui, la carrière passe donc par un autre sacrifice…celui de devenir mère.

L’an dernier, lors d’un sondage effectué par l’institut japonais des populations et de la sécurité sociale, 90% des jeunes femmes japonaises ont répondu qu’elles préféraient restaient célibataires que de se marier.

Pas sûr que ça relance la natalité au pays du Soleil-levant… Aujourd’hui, le Japon, c’est 126 millions de Japonais… ils seront 1/3 de moins en 2060

Heureusement, le Ministère de la condition féminine japonais veille également aux améliorations de la vie quotidienne des femmes.

En lançant un concours des meilleures toilettes dans les municipalités japonaises, jet d’eau musique, papier, l’hygiène féminine c’est le BA ba du bien être féminin, a expliqué la Ministre.

Sur les réseaux sociaux, évidemment, un torrent de critiques lui a répondu, notamment, que le progrès des femmes dans la société japonaise passait par… des crèches.

C’est si Mendokusai ça?

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