Aujourd'hui s'ouvre à Paris le sommet de l'Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique et ce, deux jours après un forum économique franco-africain qui a rassemblé 560 chefs d'entreprises des deux continents à Bercy. Mais pourquoi est-on soudain si attentionné à l’égard de l’Afrique?

Parce que la plupart des pays africains affiche des taux de croissance à faire pâlir les Français. Il y a de quoi: 8% de croissance au Ghana et au Burkina Faso cette année, 11% au Niger, 3,5% au Sénégal. On est très loin des 1,3 points de croissance attendus en France pour l'année 2014.

Les pays africains se développent, certains se stabilisent politiquement et sur le plan de la sécurité, et une classe moyenne émerge. Mais la France a raté le premier train de cette croissance. Elle a même perdu 50% de ses parts de marché en Afrique ces 10 dernières années.

Un bon exemple, c'est Pascal Drouhaud, responsable à l'international chez Alstom. Il y a deux ans, il s'est fait souffler un gros marché en Côte d'Ivoire. Il s'agissait d'une turbine pour la centrale thermique d'Azito. Et qui lui a soufflé ? Des Coréens !

La concurrence est rude en Afrique, même dans les pays francophones. En Côte d'Ivoire par exemple, la France est désormais en deuxième position derrière le Nigéria. Mais c'est vrai qu’elle continue de bénéficier -parfois- de son statut d'ancienne colonie et des rémanences de la Françafrique.

En Côte d’Ivoire, après crise oblige, certains marchés se décrochent sans appels d'offre : c'est ce que l'on appelle le « gré à gré ». L'hôpital de Yopougon, à Abidjan, a été construit par Bouygues il y a une dizaine d'années et c'est assez naturellement, nous explique la ministre de la Santé ivoirienne, qu'il sera rénové par Bouygues… et sans appel d'offre.

Pourtant, l'Etat Français sait se montrer généreux avec les pays Africains et la Côte d'Ivoire en particulier. Une générosité qui passe par le biais de l'aide au développement.

Pour la Côte d'Ivoire par exemple, la France a choisi l'ardoise magique. Elle a tout simplement effacé sa dette commerciale: 630 millions d'euros sur 3 ans. En temps de crise en France, cette somme peut laisser songeur. D'autant plus que cette générosité est sans contrepartie pour les entreprises françaises… C'est ce qu'on appelle « l'aide déliée ».

Généralement, les entreprises le vivent mal, d'autant qu'elles voient les Japonais ou les Chinois agir de manière beaucoup plus ferme. Eux aussi donnent des aides aux pays africains, mais en échange, ils décrochent des marchés.

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