Fosun a pris le contrôle du club Med au prix de 24,60 euros par action.
Fosun a pris le contrôle du club Med au prix de 24,60 euros par action. © MaxPPP / Sebastien JARRY

Le rachat du Club Med par un conglomérat chinois, Fosun a eu lieu vendredi dernier, mais on s’intéresse ce matin à ce qui s’est passé en coulisses : une campagne de dénigrement en bonne et due forme via internet contre l’autre prétendant au rachat, l’italien Andrea Bonomi.

Pendant que se déroulait une longue bataille boursière entre lui et le chinois Fosun, à coup de centimes d’euros pour faire grimper le prix des actions et prendre le contrôle du Club Med, voilà que l'Italien Bonomi a vu surgir sur le net des articles sur les sites de Mediapart et des Echos . Articles par FabriceBL et qui disent que Bonomi n’est pas l’homme de la situation, qu’il va déraciner le Club Med. Et beaucoup d’autres amabilités sans fondement. Sauf qu’à y regarder de plus près, ce n’est pas un article de Mediapart, c’est un blog qui mène un lobbying subtile mais persévérant contre l’Italien.

Qui est derrière cette kabbale ?

C’est justement la question que s’est posé Nicolas Arpagian, journaliste au Journal du Net .

Il est allé chercher l’adresse IP de l’auteur des articles, et il a découvert qu’elle appartenait à iStrat, un cabinet d’intelligence économique propriétaire de nombreux médias en ligne. Il a donc demandé à ses dirigeants Arnaud Dassier et Matthieu Creux de s’expliquer sur la tonalité des articles. Dénégation totale. Dans le même temps, Bonomi, qui a pour agence de communication Havas, découvre bien d’autres articles sur le même ton, sur le fait qu’il est le plus mauvais des candidats.

A qui ça profite cette campagne de dénigrement ?

En premier lieu au PDG actuel du Club Med, Henri Giscard d’Estaing, puisque l’offre du Chinois a toujours eu ses faveurs . Sa stratégie a toujours été de miser sur les pays émergents pour repasser son groupe aujourd’hui dans le rouge, dans le vert.

Maintenant c’est l’AMF, l’Autorité des Marchés Financiers, qui regarde avec attention ce qui vient de se passer sur les sites.

Il n’est pas impossible qu’elle mène, de son côté, sa propre enquête sur l’offre publique d’achat du Club Med.

En effet, une transaction à 939 millions d’euros, aussi médiatique, pose la question de la sincérité de l’information du public et des investisseurs. Or, la diffusion de fausses informations est formellement interdite par le règlement général de l’AMF.

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