Aujourd’hui sort sur les écrans, le film de Quentin TarantinoLes 8 salopards . France Inter en a parlé. Ce que vous savez moins c’est que, comme pour Star Wars , le distributeur met une pression très forte sur les cinémas indépendants pour qu’ils le programment au maximum. Un rapport de force parfois difficile à endurer pour les petites salles qui se mobilisent.

"Vous auriez de la place pour un de plus?" demande Samuel Lee Jackson dans la bande annonce du film.

Et bien ça c’est une politesse dont ne s’embarrasse pas trop la SND, la Société Nationale de Distribution, le distributeur français du film Les 8 salopards , quand il négocie les séances de diffusion avec les salles, c’est à dire les exploitants. Avec le distributeur de ce huitième film d’anthologie de Tarantino, la méthode serait plutôt celle de ses héros monstrueux: le bon vieux rapport de forces.

Evidemment l’objectif c’est d’obtenir le maximum de visibilité et donc le maximum de séances, surtout celles du samedi soir. Et gare aux salles qui ne jouent pas le jeu. Elles risquent de se voir privée de fil.

Cinéma
Cinéma © Fotolia /

Sauf qu'avec un film qui dure 2 heures 47 minutes, comme c’est le cas des8 salopards , quand vous êtes un cinéma indépendant, avec un seul écran, il est difficile de consacrer l’intégralité de votre programmation à un seul film.

D’autant plus quand c’est un Tarantino, donc pas la meilleure programmation pour les enfants le mercredi après-midi.

On aime bien, dans les salles à un écran, varier les plaisirs selon les jours et les horaires, ce qui permet aussi de varier les publics: aujourd’hui par exemple, sort aussi La fille du patron ou Je vous souhaite d’être follement aimé, que les petites salles proposeraient bien aussi à leur public.

Alors certains des 1200 cinémas indépendants se sont tourné vers l’instance qui les représente le GPCI, Groupement de Programmation des Cinémas Indépendants, pour faire part de leur mécontentement. A la SND, qui fait partie du groupe M6, on explique qu’il est normal de négocier le maximum d’exposition. En fait les négociations se font en bilatéral avec chaque salle de cinéma en toute confidentialité.

Maintenant que la SCD exige l’exclusivité de la diffusion dans certains cas, ne serait pas tout à fait le problème.

Le problème c’est qu’il y a eu un vrai gros précédent: StarWars . Walt Disney Studio a joué du côté obscur en tordant le bras des petites salles. Il a a imposé Star Wars en exclusivité: c'est à dire toutes les séances

Et pour les salles rebelles, rien. Ce qui s’est traduit par une baisse des recettes, pour des salles mono écran qui ont perdu du public

Dans ce cas de figure, après des pourparlers tendus, les salles à mono-écran ont finalement obtenu de programmer Star Wars à 80% lors de la deuxième semaine de diffusion.

Evidemment, tous les films n’ont pas la force de frappe d’un Star Wars et de Disney mais les petite salles s’inquiètent désormais de cette tentation d’étouffement, technique qui à terme finirait par étrangler l’offre et la diversité.

L'équipe

Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.