A deux jours de la journée de la femme (le 8 mars), parlons d'un phénomène jusque-là méconnu : les difficultés inattendues auxquelles sont confrontées les plus grandes dirigeantes d’entreprises aux Etats-Unis.

Marissa Mayer, Pdg de Yahoo. San Francisoco, Dreamforce 2013.
Marissa Mayer, Pdg de Yahoo. San Francisoco, Dreamforce 2013. © Kim Kulish/Corbis

Pepsi, Yahoo, Dupont, Mondelez Hewlett Packard et General Motors : ce sont toutes des entreprises dirigées par des femmes. On se dit qu’à ces postes de top management, la misogynie éventuelle des hommes à leur égard n’est pas ou plus leur problème. Toutes les patronnes d’entreprises que je vous ai cité ont pris là les coups symboliques les plus durs de leur carrière. Les attaques d’investisseurs malveillants.

Comment ça se passe? Et bien un fond d’investissement entre au capital de l’entreprise et vous oblige à des décisions que vous ne voulez pas prendre pour doper votre cours de bourse, fermer un site, changer les dirigeants ou procéder à une scission.

Dernière cible de cette façon de faire: Mary Barra, la dirigeante de General Motors. Pourtant, les résultats étaient à la hauteur : la firme automobile américaine n’a jamais vendu autant de voitures qu’en 2014, 9, 9 millions dans le monde. Un record exceptionnel. Pas assez pour Harry Wilson, l’un des participants à la restructuration du groupe. Il réclame à l’entreprise le rachat de plus de 7 milliards d’euros d’actions. Plus un siège au conseil d’administration.

Au-delà du cas de Mary Barra, les statistiques sont troublantes . C’est le New York Times qui a fait le décompte. Les femmes dirigent 23 entreprises sur les 500 plus grandes compagnies américaines. MAIS plus d’un quart ont été prises pour cible par les fonds d’investissement. Beaucoup plus que celles dirigées par les hommes.

Il arrive aussi beaucoup plus souvent aux femmes de se faire évincer de leur poste. Selon étude menée par PricewaterhouseCoopers, 38% des femmes qui ont quitté leur poste de dirigeante ces dernières années y ont été contraintes ; 27% seulement chez les hommes.

Comment expliquer cette attitude visiblement contreproductive?

Par l’inconscient. A ce titre, une étude menée par l’universitaire Lyda Bigelow est assez troublante. Elle a invité les 222 étudiants de son master (qui comptait 45% de femmes) à investir dans une compagnie de cosmétiques virtuelle qui viendrait d’entrer en bourse. Ensuite, il y avait 2 cas de figure:

  • soit le top management était composé d’hommes

  • soit il était composé de femmes.

Résultat : à information financière égale, les étudiants avaient toujours tendance à investir plus… sur les hommes.

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