En discussion aujourd'hui au Sénat, la loi « ESS » (Economie Sociale et Solidaire) présentée par Pierre Moscovici et Benoît Hamon prévoit notamment d'augmenter le nombre de SCOPS, ces entreprises gérées par les salariés.

Fonctionnent-elles vraiment et peuvent-elles réellement constituer une réponse à la crise? Oui, si l'on regarde les 2200 SCOPS qui existent déjà . Vous avez des exemples extrêmement convaincants: Les Chèques Déjeuner, avec 290 millions de chiffre d'affaires et 2100 salariés dans 13 pays du monde. Plus petite, les peluches très bobo Moulin Roty, qui marchent très bien. Ou bien Acome, leader sur le marché européen de la fibre optique et qui exporte à l'international.

Ces entreprises créent de l'emploi, et de la richesse et leur particularité, c'est qu'elles appartiennent toutes à leurs salariés: des hommes et des femmes qui n'ont pas le couteau entre les dents.

Mais quand l'entreprise génère des bénéfices, le partage se fait de la manière suivante:

  • 1/3 pour les réserves

  • 1/3 pour les salariés

  • 1/3 pour le développement de l'entreprise.

Pour Patrick Lenancker, président de la confédération nationale des SCOPs et lui-même patron de deux SCOPs, c'est ce qui garantit leur existence, sinon leur succès sur le long terme:

Le gouvernement veut aller plus loin et doubler le nombre de SCOPs en 5 ans , parce qu'il voit doucement arriver à la retraite les patrons de PME. Et c'est un vrai sujet : 48 000 d'entre eux ont plus de 55 ans. Que se passe-t-il quand ils n'ont pas de successeur? Cela signifie plusieurs millions d'emplois en suspend s'il n'y a pas de repreneur viable. Pour éviter la fermeture, il sera donc désormais plus facile de transformer une PME en SCOP, alors que c'est un cauchemar administratif actuellement.

Mais surtout, les salariés pourront accroître leurs parts dans l'entreprise de manière progressive d'année en année, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

En tant que salarié, travailler pour une SCOP demande clairement un engagement supplémentaire, notamment quand il s'agit de sauver l'entreprise.

Exemple : pour Fontanille, l’un des derniers fabricants de ruban élastique à usage médical, installée au Puy-en-Velay, les salariés ont sacrifié leur prime de transport, les 35 heures et leur 13e mois.

Ceci dit, l'avantage, quand les salariés possèdent leur capital, c'est que personne ne peut les racheter , ce qui est sécurisant. Mais le revers de la médaille, c'est la possibilité de faillite. Dans ce cas, les salariés perdent tout. Pour l'instant, cependant, les chiffres sont plutôt rassurants : le taux de pérennité à 5 ans est de 66% contre 50% pour les PME classiques.

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