Aujourd’hui, les Britanniques votent pour les élections législatives. Conservateurs et Travaillistes sont au coude à coude dans les sondages, mais loin d’être égaux en termes de financement de leurs partis.

David Cameron
David Cameron © Pascal Rossignol / Pascal Rossignol

Car au Royaume-Uni, la finance a bien un visage. Elle s’appelle David Cameron, et plus largement le parti conservateur, les « Tories ». Fonds d’investissements et banquiers ont signé de très gros chèques aux conservateurs bien avant les élections de ce jeudi. Plus gros donateur: le fond d’investissement CQS, dirigé par un Australien milliardaire qui vit à Londres: Michael Hintze.

En un an, il a versé près de 2 millions d’euros au parti de David Cameron.

Michael Farmer, un autre manager de fond d’investissement, a donné près de la même somme l’an dernier, et bien plus encore ces dix dernières années.

Un dernier nom encore : Stanley Fink. Lui a longtemps dirigé le group Man. Il a même été co-trésorier du parti. Son obole: plus d’un million d’euros versés depuis 5 ans aux héritiers de Margaret Thatcher.

Le parti travailliste est financé à hauteur d’un tiers par les syndicats. L’an dernier, le parti a reçu au total 44 millions d’euros de financement. Les membres du parti y ont contribué à hauteur d’un tiers…

Mais tous les dirigeants de fonds d’investissement ne sont pas non plus anti-travaillistes.

Le patron du fond Nevsky Capital, par exemple, a expliqué récemment au journal britannique The Independent , qu’il avait de bon cœur versé 790 000 euros pour aider le parti d’Ed Miliband, le Labour.

En Grande Bretagne, il n’y a pas de plafonnement du financement. Toutes les Liliane Bettencourt peuvent donner au parti de leur choix la somme de leur choix, et directement au parti politique. Sans compter qu’il y a des contreparties.

Michael Farmer, le généreux contributeur dont on parlait plus haut, a été élevé au rang de Lord sur intervention de David Cameron.

Et sur le fond, le gouvernement conservateur n’a cessé d’épauler le monde de la finance et des fonds d’investissements devant toutes les instances qui souhaitaient leur mordre les mollets.

A commencer par Bruxelles, où la Grande-Bretagne n’a pas eu de mots assez durs pour condamner la taxe sur les transactions financières…

Sans succès, cette fois, David Cameron s’est aussi battu vaillamment contre le plafonnement des bonus versés aux banquiers. Et les exemples sont légion.

Ce n’est pas l’option prise par Ed Miliband, le candidat travailliste. Nous verrons donc ce soir si au Royaume Uni, on peut faire sans le soutien de la finance.

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