pas de dirigeant d'areva renvoyé devant le tribunal correctionnel dans l'affaire uramin
pas de dirigeant d'areva renvoyé devant le tribunal correctionnel dans l'affaire uramin © reuters

Laurent Fabius était en voyage en Mongolie la semaine dernière, avec une demi-douzaine de grands chefs d'entreprise.

Un séjour qui devait marquer le renforcement des relations entre la France et la Mongolie, l’un des pays les plus riches au monde en ressources minières, et qui s’est soldé par beaucoup des promesses à très, très long terme, notamment pour Areva.

Et pourtant, après 12 heures d'avion, par -10°C à Oulan-Bator et une entrevue avec le Président Mongol, Laurent Fabius, au micro de notre confrère Christian Chesnot, essaie de faire bonne figure :

Certes, les relations entre la France et la Mongolie ont changé de braquet,mais plutôt en rétrogradation de la 2ème vers la 1ère. Sur le papier, pourtant, tout s'annonçait sous les meilleurs auspices: au niveau diplomatique, la France a fait un sans faute avec la Mongolie.

Les Français étaient parmi les premiers à reconnaître l'indépendance du pays sorti du joug soviétique il y a 50 ans, et plus récemment, à y saluer l'abolition de la peine de mort.

Paris espérait donc profiter de sa bonne image pour aider Areva, dont il est actionnaire à 85%, à s'installer.

L'entreprise leader en matière d'énergie nucléaire y a d'ailleurs déjà mis un pied en lançant des explorations dans le désert de Gobi. Récemment, elle a trouvé dans le sous sol 57.000 tonnes d'uranium qu'elle souhaiterait exploiter.

Mais les Mongols, pour qui la terre est sacrée, et échaudés par le mauvais comportement de Rio Tinto qui exploite le cuivre, regardent d'un très mauvais œil l'installation d'industriels. Ils freinent des 4 fers et veulent des garanties sur la protection de l'élevage.

Résultat : il en sort un accord d'association entre Areva et la société mongole d'exploitation, mais guère plus :

Derrière le langage diplomatique, il y a donc une vraie mise en garde adressée à Areva, car Laurent Fabius sait qu'il n'est pas près de couper le ruban rouge pour inaugurer un nouveau site d'extraction, et qu'Areva va devoir donner des gages aux populations et notamment aux éleveurs qui occupent le territoire. Ils demandent notamment des vaches, des aides financières pour gérer les élevages et la création de points d'eau. Des conditions chiffrées à près de 5 millions d'euros.

Des freins qui tombent mal pour Areva qui, après l'épisode douloureux des otages, aurait bien aimé pouvoir se sortir de sa dépendance envers le Niger. Mais le Niger reste son premier fournisseur. Sans compter son contrat avec le pays arrive à échéance le 31 décembre prochain. Les difficultés ne font que commencer.

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