Marks & Spencer confirme sa reconquête du marché français puisqu’avant la fin du mois d'octobre, la marque ouvrira deux autres magasins géants, à Roissy et à Paris.

Si vous avez une envie folle de marmelade, de scones, de sandwichs pain de mie au concombre, et de poulet tikka massala à réchauffer au micro-ondes, vous allez bientôt pouvoir vous approvisionner. Car pour les Français, Marks & Spencer a vu les choses en grand.

Le 16 octobre prochain, l'enseigne inaugure 660 mètres carrés de "food hall", une galerie alimentaire, à Aéroville , ce centre commercial géant qui va ouvrir ses portes à côté de l'aéroport de Roissy.

Puis, le 22 octobre, ce seront 4600 mètres carrés dans le 15ème arrondissement de Paris, au cœur du centre commercial Beaugrenelle flambant neuf.

Et là, en plus de l'alimentaire, Marks & Spencer lance une grande offensive sur la mode, avec plusieurs centaines de mètres carrés consacrés aux vêtements pour hommes, femmes et enfants, pour lesquels le style est toujours le même: classique chic avec, disons, cette touche… anglaise.

Bref, pour celles qui chercheraient une jupe écossaise à zip, un manteau rose à fines rayures beige ou une robe plissée en camaïeux de gris à gros carreaux, c'est l'adresse idéale.

Marks & Spencer avait pourtant quitté la France après un échec fracassant. C'était en 2001, Marks & Spencer s'était tout simplement rayé de la carte. Un mail sec envoyé un matin du mois de mars aux 1500 salariés de la marque et les 18 magasins avaient fermé dans la foulée. C'était d'ailleurs, aussi, la fin de ses magasins dans toute l'Europe, ainsi que celle de ses filiales américaines.

A l'époque, les comptes étaient au rouge, les ventes s'écroulaient et l'enseigne perdait un million de francs de l'époque par jour. La concurrence était trop rude face à Zara et H&M, plus réactives aux évolutions de la mode. Le repli sur l'île apparaissait donc comme l'unique stratégie de survie.

Pourquoi ce retour en Europe et notamment en France ? D'abord parce que le groupe est de nouveau suffisamment solide. On peut dire que le retour aux sources lui a réussi, avec un chiffre d'affaire, l'année dernière, de 12,2 milliards d'euros.

Maintenant, Marks & Spencer ne veut plus dépendre que de son marché intérieur pour vivre. Pour se développer, il lui faut augmenter la voilure à l'étranger.

Et c’est un débarquement progressif. Marks & Spencer avait déjà reposé un pied symbolique à Paris en rouvrant son magasin des Champs-Elysées il y a deux ans.

Ensuite, ça a été une jambe, avec l'ouverture, l'an dernier, à Levallois Perret à côté de Paris.

Puis, elle a lancé un site de commandes en ligne destiné à l'hexagone pour ne pas dépendre uniquement des magasins en dur.

Enfin, l'idée est aussi de quadriller la région parisienne de ses "simply food" qui vont concurrencer directement les "Daily Monop" -en gros, les magasins où les salariés parisiens achètent leur sandwich à midi.

Du point de vue de l'image, maintenant, la marque a réussi à faire oublier que Margaret Thatcher n'achetait ses sous-vêtements que chez eux, et c'est désormais Twiggy, le visage des années 60, qui incarne « M & S » comme on dit en Angleterre.

Et quand on demande au nouveau patron de la compagnie, Marc Bolland , ce qu’il pense du départ de M&S, il a une manière très britannique de répondre à cette question :

Notre activité ici était rentable. La marque était appréciée. Je ne voudrais pas discuter les décisions du management de l'époque, mais le choix de partir pour nos consommateurs, n'a pas été très positif.

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