Après demain, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne doit dévoiler son plan pour répartir jusqu’à 160 000 demandeurs d’asile en Europe. Selon ce projet, la France devrait accueillir 27 000 personnes. Cette immigration coûtera-t-elle cher aux finances publiques françaises?

Pas forcément. Plusieurs rapports d’économistes en France, en Grande Bretagne et aux États-Unis prouvent même le contraire.

Pour commencer cette chronique, je vous propose de partir des pires fantasmes et amalgames sur les effets de l’immigration en France. Souvenez-vous. C’était le 14 janvier dernier et l'ancien combattant de l'armée américaine et "journaliste spécialisé dans les zones de conflits" deFox News , Nolan Peterson avait risqué sa peau. Il s’était rendu en banlieue parisienne :

[les « Les no go zones », ces quartiers entiers où l’on ne sort pas sans son voile, où l’uniforme local est le t-shirt de Ben Laden : le témoignage deFox News avait fait sourire.

A l’autre bout de l’échiquier, deux économistes français : Lionel Ragot et Xavier Chojnicki.

Ils ont fait le calcul de ce qu’avaient payé les immigrés de la première génération en 2005, en taxes sur la consommation: 18 milliards d’euros.

Les réfugiés sont arrivés à pied sous une pluie battante
Les réfugiés sont arrivés à pied sous une pluie battante © MaxPPP

Certains diront qu’ils paient leur TVA avec leurs allocations chômage autres des prestations sociales. C'est vrai… En partie.

Toujours selon le rapport de Ragot et Chojnicki, les immigrés de la première et de la seconde génération originaires du Maghreb et d’Afrique noire sont plus nombreux à percevoir les allocations chômage (1,6 à 1,7 fois plus que le reste de la population) et presque quatre fois plus à toucher les minima sociaux.

Pour la deuxième génération, ils sont deux fois plus touchés par le chômage que les enfants nés de parents français : un peu moins de 9% pour ces derniers, 16% pour les enfants d’immigrés.

Mais en Angleterre, on trouve d’autres résultats. D’après les travaux de Ian Preston, professeur d’Économie à l’Université de Londres, les immigrés récents sont désormais plus qualifiés en moyenne que les jeunes du même âge nés en terre d’Albion. Effectivement, à leur arrivée, ils occupent souvent des postes sous-qualifiés par rapport à leurs compétences et leurs diplômes. Donc, ils paient des impôts en proportion. Mais au fur et à mesure que le temps passe, ce décalage en leur défaveur tend à se réduire. Du coup, leur contribution à l’effort collectif augmente.

Bilan des courses : c’est la discrimination sociale et le manque d’ascenseur social qui coûtent plus cher que l’inverse.

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