Tentons de déchiffrer les budgets attribués aux services de renseignement français

Le budget, c’est souvent une bonne porte d’entrée pour évaluer l’efficacité d’un service ou d’une institution.

Sur ce sujet,il y a trois mots qui définissent le budget du renseignement français: Millefeuille - Eparpillement et Opacité.

un manque de moyens du renseignement pointé dans l'affaire merah
un manque de moyens du renseignement pointé dans l'affaire merah © reuters

D’abord, pour vous donner une idée du millefeuille, voici un inventaire de tous les services liés au renseignement en France. En haut de la pyramide, vous avez la DGSE, Direction Générale de la Sécurité Extérieure: 651 millions de crédit, 59 millions de fonds spéciaux et 5.000 salariés.

Il y a ensuite la DPSD, la Direction de la Protection et de la Sécurité de Défense ; et puis la Direction du Renseignement militaire, sans compter la DCRI, la Direction centrale du Renseignement intérieur (qui vient de prendre du galon, transformée en direction générale), mais aussi la Direction nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières, la DN.RED de son petit nom et enfin, le TRACFIN, Traitement du Renseignement et Action contre les Circuits Financiers Clandestins.

C’est le noyau dur, composé d’une dizaine de molécules, vous l’avez compris, auxquelles il faut en plus rajouter l’Académie du Renseignement, les activités du Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale, de l’ANSSI de l’UCLAT du GIC et du SDIG en cours de refonte, de la DAS, de la DGA sans compter, tout bêtement de la gendarmerie.

Dans une certaine opacité parce que beaucoup de silence entoure les budgets attribués à chaque service, le professeur d’économie Philippe Rousselot est arrivé à la conclusion qu'au total, presque 2 milliards d’euros avaient été consacrés au renseignement sur l’année 2013-2014.

Millefeuille et donc, éparpillement des moyens

Comment, dans ces conditions, évaluer les moyens et leur efficacité et surtout, les doublons? Pourtant, il existe bien des regroupements de moyens.

A la DGSE, par exemple, 80% du budget finance des projets qui touchent d’autres organismes (tout ce qui est cryptologie, interception des moyens de communication, c’est eux).

A la DRM, la Direction du Renseignement Militaire, on gère les satellites d’observation et les moyens d’écoute des signaux radar.

L’ANSSI, focalisée sur la cybercriminalité a, elle, vu ses effectifs et ses moyens doubler de 45 à 80 milliards d’euros.

Dans ces conditions d’organisation du renseignement, on voit bien qu’il est aisé de perdre beaucoup d’argent, beaucoup de moyens… Et sans aucun doute beaucoup d’informations, utiles quand on veut éviter un acte de terrorisme.

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