Vous allez peut-être consacrer vos longs week-ends du mois de mai à la découverte du Zoo de Vincennes, qui a rouvert ses portes le 12 avril dernier grâce à un partenariat public privé. Un montage financier qui, pour l’instant, semble fonctionner.

Girafes du zoo de Vincennes
Girafes du zoo de Vincennes © Daniel Fiévet

Imaginons qu’aujourd’hui, vous êtes de sortie familiale. Vous avec décidé d’emmener vos deux grands ados et votre petite dernière au zoo de Vincennes. Vous arrivez à la caisse:

22 euros par adulte ; 33 euros pour les deux ados et 14 euros pour la petite dernière. Cela vous fait presque 100 euros la sortie. D’accord, vous ferez plein de photos avec les girafes, mais avouez que vous faites un peu la grimace, d’autant quele billet était bien moins cher avant.

Il y a 6 ans, avant le début des travaux, le billet avait même baissé de 8 à 5 euros. A l’époque, il n’y avait plus beaucoup d’animaux à admirer.

Ensuite, il y a encore 2 ans, pendant le chantier, le patron du Muséum d’Histoire Naturelle promettait des billets d’entrée à 13 euros.

Aujourd’hui, le discours a changé . Thomas Grenon vous répond que Vincennes n’est pas le zoo le plus cher de France: « regardez Amnéville en Lorraine à 32 euros l’entrée… ». Et ce n’est pas le plus cher d’Europe non plus.

En réalité, le calcul du zoo de Vincennes est le suivant: les travaux ont coûté 170 millions d’euros. Le ministère de l’Enseignement et de la Recherche a contribué à 30 millions d’euros et le Muséum d’Histoire Naturelle à hauteur de 10 millions. Les 130 millions d’euros restants ont été financés par un partenariat public privé, incarné par Chrysalis: une équipe composée de Bouygues, la société immobilière Icade, la Caisse des Dépôts et la caisse d’épargne. Du coup le Muséum d’Histoire naturelle doit maintenant payer chaque année un loyer à Chrysalis: 9 millions d’euros, sans compter 3 millions 500 000 euros pour la maintenance soit 12, 5 millions à rembourser chaque année et ce, pendant 25 ans.

C’est cher, donc, mais la logique défendue par le Thomas Grenon, le directeur du Muséum d’Histoire naturelle, est imparable: faire reposer le coût des travaux sur le visiteur et pas sur le contribuable.

Avec de telles sommes à rembourser chaque année, il y a donc peu de chance que le prix des billets baisse!

Pour arriver à 22 euros le prix du billet adulte, le zoo a tablé sur la visite d’1,5 million de personnes. Avec 200 000 entrées depuis le 12 avril, il est à peu près dans les clous.

La bonne surprise pour les finances du zoo pourrait maintenant venir des parrainages d’animaux: avec 9.200 parrains depuis l’ouverture pour un montant de 520 000 euros, c’est plutôt bon signe.

Pour l’instant, cette cagnotte sert vraiment à soigner les animaux, pas à faire baisser le prix de l’entrée. Mais si cela vous tente, sachez qu’Adeline la girafe, Aramis le Jaguar, et Diablo le loup d’Espagne, cherchent encore des parrains.

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