« Non mais elle a ses règles ou quoi ? »

Si un homme prononce cette phrase, on criera vite au sexisme ! Et si un homme, notre patron, nous renvoyait chez nous pendant deux jours, une fois par mois, il y a des chances pour qu’on le prenne même très mal…

Mais voilà, cette démarche anglaise est née dans une entreprise de Bristol , dans le sud-ouest de l’Angleterre qui ne peut pas une seconde être soupçonnée de la moindre malveillance à l’égard des femmes.

Coexist , un complexe événementiel qui organise des conférences des ateliers, et reçoit régulièrement des artistes, est un endroit assez ouvert, l'entreprise compte 31 salariés dont 24 femmes et il est dirigé par une femme, Bex Baxter, qui sait de quoi elle parle. Pliée de douleurs une fois par mois elle a donc dit à ses salariées de rentrez chez elles, si besoin, d'y travailler, et de revenir ensuite. Une démarche qui n'est pas tout à fait désintéressée, puisqu'après leurs menstruations, dit-elle, la productivité des femmes est multipliée par trois.

Les tampons sans taxe
Les tampons sans taxe © MaxPPP/AltoPress/Michèle Constantini

Et ce dispositif existe ailleurs dans le monde, il nous vient d’Asie. Au Japon, certaines femmes ont droit à deux jours de congés. Cela existe aussi en Corée du Sud, en Indonésie et à Taïwan, avec des variantes. Il ne s’agit donc pas d’une fantaisie anglo-saxonne. Ceci dit, les anglaises ne sont pas les dernières à attaquer cette initiative.

Dans les journaux, ces derniers jours, on trouve pas mal de débats pas mal de tribunes pour dénoncer cette initiative : "et qu’est-ce qu’on fera pour celles qui traversent la ménopause ? Ceux qui souffrent d’asthme…?" On va encore prêter le flanc à des blagues pires encore, donc non merci. Soyons pragmatiques

Pour essayer d’avancer dans la réflexion, Coexist organise donc un séminaire le 15 mars prochain. Le titre : « S’engager sur une politique des règles, valoriser les cycles naturels au travail », animé par Alexandra Pope, spécialiste de la question, qui a écrit un livre sur le sujet. Cinq entreprises se sont inscrites, et aucune d’entre elle n’est française.

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