La quatrième vague de sanctions doit être adoptée aujourd’hui par l’Union Européenne contre Moscou. Les pays européens sont souvent les premiers à en souffrir et elles bénéficient de plus à certains pays... inattendus.

Fruits et légumes au Maroc
Fruits et légumes au Maroc © / CTC

Il y avait une place à prendre, et il y a un pays qui l’a compris très vite:le Maroc.

Depuis le 7 août dernier, date de l’embargo russe, le royaume se frotte les mains: « Merci Poutine » disent les maraîchers.

Les importations alimentaires russes en provenance de l’Union Européenne et des Etats-Unis représentent un marché estimé 11 milliards d’euros (chiffre d’affaires 2013) de fruits, de légumes, de viandes en tous genre, de volailles, et de fromage… que les Russes ne veulent plus acheter ni aux Européens, ni aux Américains.

Restait l’Afrique du Nord, avec des Marocains en embuscade.

Certes, le Maroc n’est pas en mesure d’exporter certains produits, la viande par exemple. Mais sur les fruits et légumes, il est prêt à donner toute sa mesure.

Surtout que le pays avait une revanche à prendre sur l’Europe.

En mai dernier Bruxelles avait durci les conditions d’importation des produits marocains, cce qui remettait en question plusieurs dizaines de milliers d’emplois dans le pays.

Sans compter que côté Russe, les esprits sont tout à fait mûrs pour acheter encore plus de « made in Marocco »

En 2013, la Russie a absorbé plus de 15% des exportations agricoles du royaume et 55% des exportations marocaines tout court.

Depuis un mois, les contacts s’accélèrent donc entre Russes et Marocains

Les contacts avec les importateurs ont déjà commencé.

Dans à peine une semaine, du 15 au 17 septembre, se tiendra une commission mixte maroco-russe. Les Marocains y dévoileront leur stratégie. Rencontre suivie d’un mini-sommet russo-marocain en octobre: le Roi Mohammed VI se rendra à Moscou, car l’ambition des Marocains ne s’arrête pas aux fruits et légumes. S’ils glissent un pied en Russie, c’est pour y rester durablement. Après avoir raflé le marché des fruits et légumes, l’objectif est de vendre textile, cuir, mais aussi séjours touristiques.

Comme quoi, l’embargo a du bon pour certains.

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