En marge du Salon du bien-être et des médecines douces jusqu’au 10 février porte de Versailles, à Paris, on s’intéresse aux herboristes. Si l'on a un peu mal à la tête, on prend un comprimé de paracétamol?

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Pas besoin de paracétamol : j’ai un peu de romarin. Vous le faites bouillir dans de l’eau, vous inhalez, et vous allez voir, ça va passer. Si ça ne passe pas, une grande camomille, une pincée de menthe poivrée et le tour est joué !

Car je suis un peu herboriste! Mon jardin, c’est ma pharmacie.

Un petit problème intestinal ? Hop ! Du pissenlit.

Une brûlure ? De l’aloe vera.

Vous vous êtes cogné? De l’arnica.

Je peux vous dire que mes conseils intéressent tout le voisinage : j’ai de plus en plus de succès.

Selon une étude citée par France 5, 4 Français sur 10 préfèreraient aujourd’hui la médecine douce à la médecine traditionnelle.

Mais au regard de l’Etat, j’ai plutôt le statut de sorcière.

Officiellement, la profession d’herboriste n’existe pas. Pourtant, en France, ça n’a pas toujours été le cas.

C’est une des grandes avancées sociétales qu’on doit encore au régime de Vichy: le 11 septembre 1941, le gouvernement du Maréchal Pétain supprime purement et simplement la profession d’herboriste.

Depuis, les pharmaciens ont désormais le monopole de la vente et des conseils en matière de plantes. En 2011, une directive européenne a encore restreint la liberté de commercialiser des plantes médicinales.

Pourtant, les pharmaciens ne se servent pas vraiment de leur monopole. Avec 3 milliards de boîtes de médicaments vendues chaque année en France, l’activité classique était est toujours suffisamment lucrative.

Mais devant la demande croissante de médecines alternatives, les herboristes, eux, s’organisent. Ils ont fondé la Fédération française des écoles d’herboristerie et crée un diplôme (comme les Belges chez qui il existe depuis 1978).

Ils réclament désormais un statut, ce qui pourrait leur permettre de ne pas connaître la même mésaventure que l’un d’entre eux : Michel Pierre. Depuis des années, il a pignon sur rue avec son herboristerie dans le 2e arrondissement de Paris. En avril, il y a deux ans, il a été condamné à 2.000 euros d’amende pour exercice illégal de la profession de pharmacien.

Une condamnation relativement légère, qui a pris en compte du vide juridique qui entoure le sujet.

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