Selon une étude menée par la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), les accidents du travail sont moins nombreux ces 3 dernières années. Or, paradoxalement, les cotisations versées par les entreprises ne cessent d’augmenter.

Imaginez que vous travaillez dans l’alimentaire ou dans le domaine du bâtiment, que vous passez votre temps à monter et démonter des échafaudages. Ces 4 dernières années, les actions de prévention ont en grande partie contribué à réduire le nombre d’accidents dans ce domaine.

Celles-ci ont eu des conséquences positives. Les chiffres sont parlants : 651.000 accidents en 2009 contre 641.000 accidents en 2012, soit 10 000 de moins, soit une baisse de 1,5%.

Malgré cette bonne nouvelle, les coûts liés aux arrêts de travail et aux maladies professionnelles n’ont pas cessé d’augmenter.

D’abord parce que le nombre de maladies professionnelles grimpe : plus de 49 000 maladies professionnelles déclarées en 2009 ; 54 000 en 2012, c’est 9,5% d’augmentation.

Mais pour le cabinet de conseil Lowendalmassaï qui s’est penché sur la question, cette augmentation du nombre de maladies professionnelles ne justifierait pas le dérapage des frais payés par les entreprises.

Et c’est vrai que le chiffre a de quoi surprendre: 11, 2 milliards d’euros de cotisations maladies et accident payées intégralement par les entreprises (il faut le préciser) en 2012, c’est une augmentation de36% par rapport à 2009. Un pourcentage qui semble déconnecté du nombre réel de sinistres.

Pour comprendre ce décalage, à la demande de plusieurs entrepreneurs désarçonnés, les experts du cabinet Lowendalmassaï ont mis au point une méthode d’enquête sans scrupule.

Un doigt foulé à la suite d’une chute et 90 jours d’arrêt? Ils repassent derrière le médecin traitant et la Sécurité sociale et exigent un second diagnostique.

Leur conclusion: les médecins traitants auraient une sérieuse tendance à surévaluer les arrêts.

Gregory Cernay est conseiller au pôle accident du travail et maladie professionnelle au cabinet Lowendalmassaï :

C’est un deuxième avis et c’est celui qui l’emporte. Ce qui est moins objectif, en revanche, c’est le calcul que les Caisses Nationales d’Assurance Maladies effectuent pour ces cotisations.

Pour essayer de comprendre ce calcul, Gregory Cernay qu’on entendait tout à l’heure, a rencontré un expert de ces questions à la CNAM. Et ce dernier lui a fait une démonstration suivi de ce commentaire: si vous comprenez quoi que ce soit à ma méthode de calcul, c’est que je me suis mal expliqué!

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.