Apple engage un combat inédit: celui de bloquer la publicité en ligne. L’anti-pub est devenu un argument commercial ?

Quand vous ouvrez une vidéo sur internet depuis votre smartphone, vous tombez invariablement sur une pub.

Réclames pour voiture, assurance, mousse à raser, shampoing, épilateur. Bref, 8 à 20 secondes parfois incompressibles avant de passer au sujet qui nous intéresse, mais aussi bandeaux clignotants, pop-ups, pavés et pages entières qui vous barrent la lecture… C’est insupportable pour nombreux d’entre nous.

Un petit panneau STOP, une barre cerclée de rouge, peut changer votre vie.

Ce petit panneau s’appelle Been Choice, et c’est une application de blocage de pub qu’Apple vient juste de valider.

Elle vous préserve des publicités qui vous arrivent sur votre portable par toutes vos autres applications et, effet sans doute non intentionnel, elle bloque même les pubs proposées par Apple news.

Ce genre d’applications n’est pas nouveau et il en existe d’autres. Purify ou encore Adblock plus, le plus connu, le numéro 1 créé il y a 4 ans par une entreprise allemande. Ce sont des bloqueurs sur PC, pas sur mobile. Mais ils ont un point commun avec Been Choice: ils font trembler d’effroi les éditeurs et les annonceurs qui voyaient dans les pubs intempestives leur nouveau modèle économique.

En clair, le moyen idéal de faire des contenus gratuits en ligne, leur gagne-pain. Aujourd’hui, 200 millions de personnes utilisent un bloqueur de pub à travers le monde et Apple va sans aucun doute contribuer à augmenter leur nombre. Pour les éditeurs de contenu, c’est donc une manne potentielle considérable qui peut partir en fumée.

Pourtant cette croisade n’est pas sans risque pour Apple. D’abord, parce qu’en fait, Apple utilise son combat contre les pubs pour atteindre une autre cible: Google, qui a choisi sur son système d’exploitation Android sur portable la démarche inverse: se vendre à la pub.

En choisissant de plaire à ses utilisateurs et moins à ses partenaires, Apple fait donc un pari sur l’avenir : celui du grand public.

Ensuite, ce n’est pas sans risque, parce que le blocage des spots doit son modèle économique à une ambiguïté de taille: gagner de l’argent en donnant aux entreprises les fichiers de certains utilisateurs qui coopèrent. Ils acceptent de dévoiler leurs habitudes de navigation, leurs préférences, etc. et sont rémunérés en échange.

Plus discutable encore : la démarche d’Adblock. Pour ne pas se faire bloquer leurs pubs, certaines entreprises paient la firme allemande pour que leurs spots passent quand même. Elles figurent alors sur une liste blanche. Un passe-droit très intéressant commercialement.

Qui a droit à ce traitement de faveur ? C’est à la discrétion du bloqueur. Mais on peut le supposer, sans doute, en fonction de sa générosité.

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