C'est une première : un film indien va être intégralement tourné en France. C’est la conséquence directe du crédit d’impôt offert aux tournages étrangers.

Bollywood s'invite à Paris, sur les berges de la Seine, au restaurant du Quai Branly...

Les artistes aux saris multicolores passeront même par les environs de Cannes et de la Picardie.

Ils vont passer cinquante-deux jours en France au total.

Bollywood
Bollywood © / Meanest Indian

C'est tout un tournage qui a été délocalisé, avec ses deux gigantesques stars, les Brad Pitt et Angelina Jolie indiens (Vaani Kapoor et Ranveer Singh, mais pas sûr que ça vous dise grand chose), son réalisateur, le Spielberg indien, Aditya Chopra, ainsi que leurs familles, une star indienne ne se déplaçant jamais seule.

Avec eux, il faut compter aussi leur coiffeur, leur chorégraphe, etc.

En tout et pour tout, 27 ressortissants indiens seulement pour tourner cette romance qui s’appellera Befikre et qui devrait sortir en décembre prochain en Inde.__

Pour le reste, tout le monde sur ce tournage est français, du chef opérateur, en passant par les ingénieurs du son, les électriciens, les assistants caméras, le directeur photo, les maquilleurs, les costumiers, les 2 750 figurants...

Ce tournage devait rapporter à la France, cinq millions d’euros au départ ; une somme qui a été revue à la hausse en cours de tournage pour avoisinner les huit millions d’euros .

Cent-quarante Français ont été embauchés, des techniciens en majorité, mais aussi des danseurs avec des scènes dansées et chantées, des cascadeurs : ça fait environ deux millions d’euros versés en salaires

Ensuite, vous avez l’hébergement, la location d’appartements pour loger les stars et leur suite dans les environs des Champs-Élysées: 400 mille euros.

Les frais de bouche : 300 mille euros sachant que les troupes mangent français toute la semaine mais du riz le weekend. C’est dans le contrat.

Ensuite, 500 mille euros pour les transports et la location de matériel, 600 mille euros de costumes et de ce qu’on appelle les véhicule de jeu, la Rolls Royce qu’on va utiliser pour la scène de mariage, par exemple…

Pourquoi est-ce que je vous détaille tout ça ? Pour vous donner une idée des retombées économiques d’un tournage étranger en France, une véritable manne pour différents secteurs très divers de notre économie.

Mais il y a une contrepartie. Ce qui les a fait venir, ces Indiens, c’est le crédit d’impôt.

Sur les huit millions qu’ils dépensent, ils gagnent 30% en crédit d’impôt, en l’occurrence 2,4 millions d’économies.

Attention ! ce qui ne veut pas dire : aucune retombée pour l’État. Il faut bien voir que les Indiens paient les charges sociales des Français qu’ils embauchent en France.

La TVA, les taxes de séjour etc. c’est aussi de l’argent qui repart dans les caisses de Bercy.

Sans compter, les nouveaux projets en passe d’être signés.

En ce moment même, sept professionnels de New Dehli séjournent au Château de Chambord.

Ce sont des professionnels du cinéma, guidés par un membre du Quai d’Orsay et du centre régional du tourisme.

L’idée, évidemment, est de les encourager à y planter leurs caméras. Pas à Londres, pas à Bruxelles non plus: deux villes encore plus attractives que la Franc e.

En effet, la Belgique offre, elle, 45% de crédit d’impôt. La vraie concurrente de la France en fait c’est l’Angleterre, qui permet de faire passer le salaire des stars dans le crédit d’impôt. Dumping me direz-vous…nous n'en sommes donc peut-être pas loin.

Ceci étant dit, Frédérique Bredin, la directrice du CNC, le Centre National du Cinéma évalue à 200 millions d’euros les retombées des activités rapatriées en France : 200 millions et 10 000 emplois. Ce qui, vu sous cet angle, est plutôt satisfaisant.

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