Royal de Luxe
Royal de Luxe © Jorge Barrios

Coca-Cola et la compagnie nantaise de marionnettes géantes « Royal de Luxe » s'opposentdevant les tribunaux depuis juin dernier.Au cœur de cette affaire, il y a la conception de la propriété intellectuelle et la notion de marque.Hier, c’était à la cour d’appel de Paris de trancher sur un des volets de l’affaire. Pomme de discorde la définition de la propriété intellectuelle et la notion de marque.

Au cœur du litige, il y a le Père Noël, apparu dans un clip féérique en 2012. Marionnette géante, il sort d’une boîte cadeau blanche au ruban rouge, se lève, déambule dans les rues, tiré par des humains minuscules, un enfant sur l’épaule. La foule est sous le charme, heureuse. Du rêve, de l’enfance, bref l’esprit de Noël livré bien évidemment par Coca-Cola.

Qu’est-ce qui pose problème à la compagnie Royal de luxe?

Quand ils ont vu la pub, ils se sont exclamés :« mais c’est nous ça », c’est notre marionnette ! Les poulies qui soutiennent le géant, les humains que l’on place dans le rôle de lilliputiens, l’enfant sur l’épaule, le clin d’œil de la marionnette.. Bref, toute la scénographie du clip est empruntée aux spectacles du Royal de Luxe.

Nous, dit la troupe nantaise de théâtre, on est David ; Coca-Cola, c’est Goliath, mais on veut se battre pour faire reconnaître notre propriété intellectuelle notre création.

En juin dernier le Royal a donc porté plainte pour « parasitisme ».

Coca-Cola répond que le Royal de luxe n’a jamais inventé une marionnette géante de Père Noël, que de toutes façons le Père Noël ne leur appartient pas et que le principe des marionnettes non plus d’ailleurs.

Sauf que -et c’est ce que me disaitFrédéric Boucly, l’avocat du Royal de Luxe, au téléphone hier - la compagnie possède la preuve, notamment des mails que Coca voulait les géants du Royal et que c’était une stratégie de communication mûrement réfléchie.

Pour décrocher le contrat, ils avaient donc proposé, il y a quelques années, un marché que les Nantais avaient refusé. Les juristes de Coca se seraient alors penchés sur le dossier, auraient calculé les risques et tranché: se passer d’un accord. Or ça, c’est un vol, presque un viol, dit Boucly.

Les protagonistes peuvent sortir du conflit par une indemnisation.

Après le dépôt de plainte en juin, Coca a d’ailleurs commencé par proposer de l’argent : offre déclinée par le Royal qui n’est pas fermé à une autre offre plus généreuse, sans en préciser le montant.

Ils savent que la grande force de Coca, en termes de communication, a toujours été de bien choisir ses partenaires, vecteur de rêve et de légende : Michael Jordan, par exemple.

La firme ne s’attendait sans doute pas à ce que le Père Noël négocie son contrat…

Photo en page d'accueil : © Colin McPherson/Corbis

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