Il y a quelques semaines, je vous parlais des premiers frémissements des Blablaplane, ces plateformes toutes récentes qui permettent de co-avionner. Mais leur envol pourrait être compromis.

Un avion en vol
Un avion en vol © Josef P. Willems/Corbis

Vous en en souvenez peut-être, je vous promettais plein de bons plans : des Paris-Limoges, des Nice-Grenoble, des La Rochelle-Avignon… Tout cela avec pilote privé. Et vous aviez, je m’en souviens des étoiles plein les yeux. Mais nos petits week-end vont peut-être tomber à l'eau.

Parce qu’aussi petits soient-ils, ces sites, Coavmi, Offwefly ou encore Wingly, ont déjà des ennemis de taille, taille Airbus A380 si vous voyez ce que je veux dire : les syndicats de pilotes et notamment de pilotes commerciaux.

Parmi eux l’Union Syndicale du Personnel Navigant Technique (USPNT) qui veut purement et simplement couper les ailes du co-avionnage et qui s’est fendu, il y a quelques mois d’une lettre en ce sens au Ministère des Transports.

Un syndicat écouté, notamment parce qu’il fait partie du comité de pilotage mis en place par la DGAC, la Direction Générale de l’Aviation Civile, qui doit trancher avant la fin de l’année, sur le sort de ces bébés de l’avion partagé.

La semaine dernière, jeudi dernier très exactement, tous les acteurs étaient donc autour de la table. Et les représentants de Wingly ont clairement eu le sentiment qu’on leur savonnait la piste de décollage. Comment ? Par la multiplication de normes très contraignantes. Un exemple qui, disent les sites de co-avionnage, met leur activité en péril : on veut les obliger à obtenir un certificat de transport aérien, un CTA, comme les compagnies aériennes.

« Mais on ne veut pas devenir des compagnies aériennes ! » s’exclament les dirigeants de Wingly que j’ai eu hier au téléphone. C’est pas une histoire de Uber contre les Taxis traditionnels puisque, si vous avez bien compris, les pilotes de Wingly ne cherchent pas à se faire d’argent. C’est exactement comme pour Blablacar.

Les dirigeants de chez Wingly proposent donc un autre type de certification qui pourrait leur être imposé, sans aller jusqu’à ce fameux CTA.

L’autre argument qui leur est également opposé, c’est qu’ils feraient concurrence aux sociétés françaises d’avion-taxi. Sauf que, répond encore Wingly, nous, on vous emmène en coucou si le temps le permet ; les sociétés d’avion-taxi vous emmènent quel que soit le temps et en jet. Pas tout à fait la même aventure.

Moralité, en attendant la réponse de la DGAC (qui n’a pas pris la peine de me rappeler hier) l’horizon semble bien s’obscurcir pour l’économie collaborative vue du ciel.

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