L'appli Uber débordée par les démandes
L'appli Uber débordée par les démandes © Valeria Emanuele

On le voit avec la manifestation des taxis: l'arrivée des VTC (Véhicules de Tourisme avec Chauffeurs) fait polémique, et pas qu’en France.

Aux Etats-Unis, UBER, la plus grosse compagnie de VTC et son fondateur Travis Kalanick, sont sous les feux de la rampe, quelquefois pour des pratiques plus que douteuses.

Travis Kalanick, c’est un petit peu Harrison Ford du temps de Han Solo dans La guerre des étoiles. Vous rallongez un peu la mèche et c'est lui. Une vraie tête de beau gosse américain, riche à millions, à 37 ans seulement. L’absolue success story à l’maéricaine. Il a fondé Uber il y a 3 ans, et en 3 ans, sa compagnie s'est développée dans 62 villes du monde, a réalisé environ 1 milliard de chiffre d'affaire en 2013 et vu Google y injecter 250 millions de dollars pour accélérer sa croissance. Une croissance due sans nul doute à la pugnacité de Kalanick: dur, direct, brut de décoffrage.

Exemple sur la chaîne de télévision CSPAN : le présentateur demande au public de raconter ses déboires avec Uber, Kalanick présent en plateau et propose tout de suite des réductions aux témoins sur leurs prochaines courses pour qu'ils ravalent leurs anecdotes. C'est sous couvert d'humour, mais ça plante le décor.La suite de la séquence, la voici, quand le présentateur lui demande comment il a fondé UBER et Kalanick répond, très pragmatique :

Aux Etats-Unis ce sont ses méthodes de management qui dérangent.

Exemple tout récent : Kalanick cherchait à recruter des chauffeurs à New York. Pour cela, il a estimé que le meilleur moyen était de débaucher chez la concurrence. Pour obtenir le numéro de téléphone des conducteurs, il en a fait appeler une centaine au prétexte d'une fausse course, ce qui a provoqué un tollé chez les concurrents. Excuses publiques de Travis Kalanick, qui a fini par payer les frais d'annulation.

Mais les plus grosses contestations surgissent maintenant en interne, chez les chauffeurs d'Uber eux-mêmes. Ils accusent ni plus ni moins Kalanick de leur voler leur pourboire. En fait, Uber garantit au client que le pourboire est inclus dans le prix de la course, sauf que les chauffeurs se plaignent de n'en jamais voir la couleur.

Plus grave encore, un accident qui a récemment mis en lumière les méthodes d'Uber : une petite fille de 6 ans tuée sur le coup, sur un passage piéton de San Francisco, le soir du Nouvel An, par un chauffeur travaillant pour Uber. Le père de la fillette intente le premier procès contre la compagnie en expliquant que la façon de travailler des chauffeurs mène à ce genre de tragédie. Selon lui, le nez rivé sur l’écran de leur portable à la recherche du client et de la course, ils deviennent de véritables dangers publics.

Le modèle économique qui pose donc de nombreuses questions en termes d'assurances, y compris en France, notamment avec le lancement tout récemment d'« Uber pop », ce système qui permet aux particuliers de s'improviser chauffeur le temps d'un trajet.

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