En Afrique, à Charm el Cheir en Egypte, 26 Etats africains ont donné naissance hier à un grand marché de libre-échange. Un pas d’envergure pour le continent.

Afrique du Sud
Afrique du Sud © Wikipédia

Imaginez une étiquette « Made in Africa » sur vos tee-shirts, baskets, tasse à café, riz, bref, sur tous vos produits de consommation courante. Un déferlement de produits fabriqués bon marché à Nairobi, Harare ou Pretoria.

Certes, l’Afrique n’en est pas encore là. Mais ce qui vient de se passer hier en Egypte rend ce scénario de moins en moins improbable.

26 pays africains, de l’Est au Sud, qui se regroupent, de la Libye en passant par l’Egypte, le Soudan, l’Ethiopie, le Kenya, le Malawi, jusqu’en Afrique du Sud, c’est un marché commun plus grand que l’espace Shengen, plus grand que l’ALENA, l’Accord de Libre Echange Nord-Américain.

Bref, de la Méditerranée au Cap de Bonne Espérance, il englobe en Afrique 625 millions d’habitants, 58% de l’activité économique du continent soit 1 milliard de dollars de Produit Intérieur Brut. C ette étape est effectivement monumentale et devrait rapporter à ces pays 0,4 points de croissance.

Concrètement, il s’agit de baisser les barrières douanières d’un pays à l’autre.

Quand on sait que les droits de douane sont de 15% en Afrique, voire de 90% sur certains de produits de luxe comme les portables, alors qu’ils sont de 4% en général ailleurs dans le monde ça devrait donner un peu d’air aux consommateurs africains.

L’autre objectif de ce nouveau marché, c’est d’alléger la bureaucratie, sans doute l’un des plus gros freins à l’exportation.

S’il vous est déjà arrivé d’essayer d’obtenir un visa en Afrique, vous prenez les tracas auxquels vous avez eu droit et vous les multiplier par 150, vous pouvez vous faire une idée de la persévérance nécessaire pour dédouaner un produit sur le Continent noir. En général, il faut 1 mois pour faire passer un produit d’un pays à l’autre.

Il y a quand même encore un certain nombre de freins avant que les échanges ne soient totalement fluides. Il y a évidemment un manque immense en termes d’infrastructures: pas vraiment de route, pas de ligne de train entre les pays par exemple et de nombreux échanges se font déjà tout en souplesse de manière totalement informelle.

Mais plusieurs pays de ce nouveau marché jouent déjà le rôle de locomotive: Lesotho, Botswana, Namibie, et Afrique du sud en sont déjà entre eux à 1% de droits de douane.

Il faut donc s’attendre à entendre très bientôt rugir le lion africain. Le Made in Africa, c’est peut-être pas pour demain, mais très certainement pour après-demain.

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