Manuel Valls devrait préciser jeudi l’avenir d’ Areva qui affiche 5 milliards de pertes. Les concurrents se positionne pour remplacer le Français sur le marché du réacteur nucléaire en faisant mine parfois d’apporter leur aide à Areva.

Tour AREVA
Tour AREVA © Joxemai / Joxemai

Et dans ces cas-là, le bon Samaritain qui vous tend la main n’est pas forcément celui qu’on attendait.

Dans le cas d’Areva, la main tendue pourrait venir de la Chine. La semaine dernière, les Chinois de la CNNC (China National Nuclear Corporation) ont annoncé qu’ils ne seraient pas contre investir dans Areva. Annonce à laquelle le gouvernement français a immédiatement répondu: « nous sommes très heureux que la CNNC soit prête à renforcer ses liens avec Areva ».

Ceci dit, les Chinois ne sont pas des bienfaiteurs totalement inconnus des Français puisqu’ils ont ensemble des ambitions communes : la centrale de Hinkley Point en Angleterre, par exemple. Les Français ont été les premiers à s’implanter en Chine en 1983, sous l’ère de Deng Xiaoping.

Certes, les Chinois lorgnent les marchés laissés libres par les Français, mais ils ne sont pas les seuls.

Les Russes aussi seraient ravis d’exporter leur énergie. Sauf que les Russes s’exposent à la même suspicion que les Chinois : personne n’a aucun historique de leur construction de réacteur. Aucune donnée communiquée en matière de sécurité.

Ce qui n’est pas le cas, en revanche, des Coréens du Sud.

Non et ceux-là pourraient bien tirer leur épingle du jeu des déboires français. D’ailleurs, la Corée du Sud a aussi été responsable, d’une certaine manière, du premier cycle de malheurs d’Areva.

En 2009, Séoul, par le biais de Korea Electric Power a soufflé à Areva un immense marché qui devait lui rapporter 20 milliards d’euros. Mais les Coréens offraient une technologie plus simple, moins chère. Le premier réacteur coréen sera mis en service en 2017. D’ici là, Areva sera peut-être, on peut l’espérer, en ordre de bataille.

Areva a annoncé jeudi dernier la suppression de 5.000 à 6.000 emplois dans le monde, dont 3.000 à 4.000 en France, dans le cadre de son plan de redressement.

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.