les syndicats ulcérés après les propos de françois rebsamen sur un contrôle renforcé des chômeurs
les syndicats ulcérés après les propos de françois rebsamen sur un contrôle renforcé des chômeurs © reuters

Nous vous en avions parlé il y a un peu plus de 3 semaines: la grève contre le chômage lancée par l’association ATD Quart-Monde. Il s’agissait de mettre au travail les demandeurs d’emploi de plus de deux ans. Au-delà de l’opération de communication, un député a décidé d’inscrire l’idée dans la loi et le Conseil Economique et Social vient de lui donner son feu vert, (voté hier à l’unanimité).

« Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi ». C’est l’article 5 de la Constitution française du 27 octobre 1946 . Chacun a le devoir de travailler, ce qui fait des 2,5 millions chômeurs de longue durée de parfaits hors-la-loi.

On a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi. Le député socialiste Laurent Grandguillaume a donc décidé d’en faire une application très concrète : offrir un CDI aux chômeurs de longue durée, rémunéré au SMIC. Alors évidemment, l’appliquer à 2,5 millions chômeurs c’est un peu risqué.

D’où l’idée de tester d’abord l’expérience dans une dizaine de territoires français. Disons avec 1000 chômeurs qui signeraient des contrats avec des entreprises certifiées économie sociale et solidaire.

Et cela dans des domaines très variés: l’entretien, la petite maçonnerie, le service à la personne. C’est un fond national, abondé dans un premier temps par les régions, ainsi que l’Etat qui règleraient les salaires.

ATD Quart-Monde, Emmaüs, le Secours catholique et la branche insertion de la Croix-Rouge sont également de la partie pour aider aux recrutements.

C’est plein de bonnes intentions, mais avec des caisses vides, on fait comment ? Le calcul est le suivant: le chômage en lui-même coûte déjà cher à la société en assurance chômage, en aides au logement et en cotisations sociales qui ne rentrent pas dans les caisses de la Sécurité sociale. Donc donner du travail au sens propre ne peut pas être pire.

Mais effectivement, vous rejoignez là une des réserves principales du Conseil Economique et Social.

Elle exige que les territoires qui vont tester l’expérience puissent démontrer par A plus B qu’ils ne paient pas plus avec leurs travailleurs qu’avec leurs chômeurs.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le C.E.S.E demande une évaluation au cordeau, en interne, d’abord, par les acteurs du test, et en externe, par un organisme privé ou une université par exemple.

C’est bien parti pour que cette proposition voie le jour. Feu vert, donc, du Conseil Economique et Social : le Conseil d’Etat lui a mis l’idée en musique en termes juridiques. Ne manque plus que l’Assemblée le 25 novembre prochain.

Le vrai le test, ce sera le Sénat. Si ça passait, et si l’expérience se généralisait à toute la France, on aurait là une loi qui ne serait ni de droite ni de gauche.

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.