l'etat veut un accord cette année sur la formation professionnelle
l'etat veut un accord cette année sur la formation professionnelle © reuters

C'est l’une des priorités du gouvernement pour cette rentrée, annoncée lors de la grande conférence sociale les 20 et 21 juin derniers : donner un coup d'accélérateur à la formation des chômeurs. Une véritable urgence en France, notamment pour que la demande rencontre réellement l'offre d'emploi.

Parce qu'il y a un chiffre qui peut sembler incompréhensible quand on recense près de 3,3 millions de chômeurs, c'est le nombre d'emplois "non pourvus" : 116 000 selon Pôle Emploi, et c'est sans doute plus. Ce sont des offres qui ne trouvent pas preneur ; des propositions que Pôle Emploi voit apparaître, puis disparaître de ses tablettes, faute de candidat.

  • Quels sont les secteurs qui manquent de main d’œuvre ?

De manière assez classique, on cherche des cuisiniers, et des salariés dans l'hôtellerie et la restauration.

Mais on le sait c'est surtout dû au manque d'attractivité de la profession, les horaires et le salaire. En réalité la France manque surtout d'ingénieurs , notamment dans l'aéronautique, et d'informaticiens spécialisés dans la recherche et le développement. Puis viennent les métiers liés aux services à la personne : auxiliaires de vie, aide-soignant…

  • Former des chômeurs à ces postes, ce serait vraiment la réponse?

    Bien sûr pas dans tous les secteurs. Mais ce serait un début.

Aujourd'hui 10% seulement des chômeurs sont en formation. Il faut savoir qu'aujourd'hui, même un plan social ne vous donne aucune priorité pour recevoir une formation.

Et quand un chômeur demande un stage, dans 75% des cas, il se heurte à un refus. Quant à l'heureux élu qui reçoit une réponse positive, il doit souvent attendre entre 6 et 15 mois entre l'accord du stage et son démarrage. Enfin quand il en sort, ses nouvelles compétences ne répondent pas forcément aux besoins des entreprises de sa région.

- Pourtant, ce n'est pas faute de moyens…

Pour vous donner une idée, l'année dernière l'Etat, Pôle emploi l'Unedic et l'Agefiph ont dépensé en tout plus de 5 milliards d'euros pour les formations.

Ceci dit, il existe bien un petit dispositif plus souple, court et sur mesure qui a fait la preuve de son efficacité: la P.O.E, "la Préparation opérationnelle à l'emploi", qui pourrait servir de modèle. Mais seulement 30 000 personnes en ont bénéficié l'année dernière.

  • Quel est l'objectif du gouvernement avec cette P.O.E ?

Il veut le double : 30 000 entrées en formation dans les 4 prochains mois puis 70 000 en 2014. Et pour que ça marche, l'Etat et les partenaires sociaux ont débloqués 185 millions d'euros en urgence, en juillet dernier.

  • La démarche satisfait-elle les professionnels ?

Dans le secteur de l'informatique, les patrons regardent cela avec beaucoup de distance. Beaucoup répondent que le problème en France vient de l'éducation. Eux plaident plutôt pour une filière du numérique qui commencerait dès la maternelle.

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