Hier, à Los Angeles, Sony présentait à la presse son film « The Interview » dans la plus grande discrétion. Aucun entretien des comédiens avec les journalistes. Et pour cause, la comédie a fait l’objet de cyber attaques massives et inédites qui vont coûter très cher à la compagnie japonaise.

Pourtant, l’objet du délit a de quoi surprendre. Imaginez deux journalistes américains pied nickelés qui décrochent une interview avec Kim Jong-un, le Président de la Corée du Nord. Sauf que voilà, la CIA s’en mêle:

« - La CIA apprécierait beaucoup si vous pouviez le sucrer

- Le sucrer quoi son thé, son café ?

- Le sucrer, quoi ! »

Bref, la CIA leur demande ni plus ni moins de tuer le président nord-coréen.

Crime de Lèse-Majesté, on ne se moque pas de la dictature la plus rétrograde de la planète: Pyongyang a donc promis de se venger si le film sort un jour…

Et voilà que Sony s’est retrouvée la cible de pirates, évidemment anonymes mais extrêmement efficaces autoproclamé les « Gardiens de la Paix » qui réclament l’annulation de la sortie du film.

Cyberattaque redoutable: 5 films dérobés, ainsi que tous les mots de passe, adresses, numéros de Sécurité sociale, grilles de salaires de 47 000 personnes au total, des cadres dirigeants de chez Sony.

Résultat : 80 millions d’euros de pertes selon le centre des études internationales et stratégiques.

Sans compter que les conversations par mail entre les stars, les producteurs et les patrons de Sony entertainment ont également été piratées, ce qui a causé d’autres dégâts majeurs.

Par exemple, Angelina Jolie sait que le producteur Scott Rudin pense qu’elle est « une sale gosse gâtée, malsaine à l’égo dévorant et au talent minimal ».

Quant à l’acteur Adam Driver, c’était « un casting catastrophique pour le dernier Star Wars », dixit le réalisateur David Fincher. Voilà que se délient les langues de vipères des coulisses d’Hollywood, exposées aux yeux de tous grâce à la publication sur internet des conversations du producteur Scott Rudin et le PDG de Sony Pictures Amy Pascal qui travaillaient sur un biopic sur autour de Steve Jobs. Projet abandonné.

Comment la firme Sony compte-t-elle se défendre dans cette affaire?

Les piratés sont devenus pirates à leur tour. Selon le site RECODE, les représailles auraient même déjà commencé.

Sony serait parti à l’attaque des ordinateurs asiatiques pirates en passant par, tenez-vous bien, les services web d’Amazon. Sony utiliserait donc le Cloud d’Amazon comme une sorte de bunker pour bombarder les sites pirates de millions de données, ce qu’on appelle une attaque DDOS.

Alors Amazon complice de Sony dans une attaque pirate, vous voyez bien les problèmes légaux que ça pose en chaîne, mais de quoi faire un bon film!

Le film « The Interview » devrait en principe sortir le 11 février prochain.

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