Déchets alimentaires
Déchets alimentaires © urbanmkr

Depuis une semaine, à Paris, 80 restaurants, hôtels et traiteurs se mettent à l'économie circulaire. Toute une gamme de tables, des plus prestigieuses aux plus modestes, ont décidé de créer leur propre filière pour collecter leurs déchets et les transformer.

Vous êtes-vous déjà posé la question de ce qu'il arrivait à vos restes quand vous ne finissez pas votre assiette au restaurant?

Figurez-vous que des adresses aussi huppées que Drouant, Taillevant ou même Fauchon ont décidé de mettre le nez dans leur poubelle.

Ils mettent de côté notamment les détritus organiques.

Et ce n'est pas un camion vert de la Mairie de Paris qui vient les collecter, mais un véhicule mandaté par leur propre syndicat professionnel, Synorca (syndicat national des hôteliers restaurateurs cafetiers et traiteurs).

Destination de ces déchets ? Pas les décharges ou les incinérateurs, mais un méthanisateur qui va les transformer en fertilisant appelé le « digestat » qui sera ensuite répandu dans les champs par les cultivateurs.

L'opération pilote vient de commencer dans le 2ème arrondissement de Paris, à Montorgueil. Elle va durer 6 mois.

Stéphane Martinez patron du "Petit Choiseul" en est l'un des fers de lance. Pour lui, cette nouvelle façon de trier n'a que des vertus. En premier lieu, dit-il, quand on regarde ce qu'on jette, on sait ce qu'on fabrique en trop :

Ces restaurateurs ont une motivation pour recycler leurs déchets. Ce n'est pas de la philanthropie pure : c'est apour éviter des sanctions financières. Dans 2 ans, le restaurant de plus de 180 couverts qui ne trie pas et ne valorise pas ses déchets pourra se voir infliger une amende 75.000 euros. Le syndicat a donc pris les devants. Mais c'est vrai que le secteur est porteur, quand on sait que chaque repas servi à table génère environ 200 grammes de déchets organiques.

La France est-elle équipée pour ce nouveau type de recyclage ? C'est bien là que le bât blesse. Il existe en tout et pour tout en Ile-de-France une seule usine de transformation de bio-déchets, à Etampes, en Essonne.

Mais ici, en France, même les poubelles sont inadaptées. Il a fallu les acheter aux Allemands, parce qu'il faut des fonds ronds.

Quant aux camions de ramassage, des déchets au méthane, c'est d'Italie qu'il a fallu les importer.

Les poubelles, c'est donc un vrai secteur de l'économie à explorer pour les Français.

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.