Ce sont trois mots que l’on lit un peu partout depuis mercredi : « Je suis Charlie », une phrase devenue un business et parfois de fort mauvais goût.

Je suisses charlie (capture Twitter)
Je suisses charlie (capture Twitter) ©

Les 3 Suisses en ont fait l’amère expérience. La marque était pourtant très fière de son logo « #jesuischarlie » surplombé de sa propre marque, à tel point qu’ils l’ont dévoilé très vite sur les réseaux sociaux.

Grossière erreur et cas d’école en matière de « bad buzz », c’est-à-dire de mauvaise presse, qui restera dans les annales.

Tempête de réactions outragées sur le net ; Les 3 Suisses ont fini par se fendre de ce communiqué en forme de rétropédalage:

A la lecture de certains de vos commentaires, nous voulons réaffirmer notre démarche. Ce n’est en aucun cas un message à caractère commercial, mais bien une démonstration de notre engagement citoyen. Cela nous a paru naturel d’associer notre signature à celle de Charlie Hebdo.

À eux, oui, mais visiblement pas à la majorité de leurs clients potentiels.

Les noms de domaines font également partie du business :

Là, il faut saluer la présence d’esprit de certaines entreprises qui, dès mercredi dernier, ont eu le réflexe de réserver les adresses suivantes: jesuischarlie.fr par Coactiveteam, une entreprise de formation professionnelle.

Tout comme iamcharlie.fr, réservé par Jaw x Process. Le journal Le Monde, qui s’interrogeait sur la démarche, a pu joindre son patron qui a expliqué que non non, qu’il n’y avait aucune ambition mercantile derrière ces réservations ; qu’il valait mieux que, LUI, mette la main dessus avant que d’autres moins bien intentionnés ne l’utilisent à mauvais escient.

Et je ne vous parle pas de la plateforme de financement participatif Apoyogo qui s’est généreusement proposée pour faire transiter les dons aux familles des victimes, moyennant, forcément, une petite commission.

Enfin, c’est pour ebay que la tragédie semble avoir été la plus fructueuse.

C’est bien simple, quand vous tapez "Charlie" ou "Charlie Hebdo" sur le site, vous avez plus de 3000 résultats : des stylos à six euros, le tee-shirt officiel « Je suis Charlie » à huit euros, des casquettes, des badges à trois euros. Sans compter les numéros de Charlie Hebdo dont les prix s’envolent : entre 80 et 500 euros pour le dernier numéro, celui avec les prédictions du mage Houellebecq en couverture.

Quant au numéro de Charia Hebdo paru en 2011, qui avait provoqué l’attaque du journal au cocktail molotov, celui-là s’envole à 2500 euros. Mais le site a d’ores et déjà affirmé qu’il ne souhaitait pas en tirer profit et que ses bénéfices seraient reversés au journal.

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