David Bowie - 1969
David Bowie - 1969 © Vernon Dewhurst

Au lendemain de sa mort, retraçons la carrière de David Bowie sous l’angle économique. La légende ne s’est pas fabriquée en un jour et le succès est aussi venu de certains investissements bien menés.

Au début dans les années 60: Bowie c’est comme une TPE, une Très Petite Entreprise.

Dans le style, la voix, ce n’est qu’en tendant l’oreille que l’on devine ce qui le distinguera de tous les autres.

A cette époque il cherche encore son nom, Bowie. Davie Jones puis Bowie Ball.

Il enregistre avec différents groupes les King Bees, le Velvet Underground.

Mais tout ça ne lui convient pas.…Puis vient ce titre, tout seul.

Qui ne marche pas.

Il sort ensuite un album qui porte le nom qu’il s’est enfin trouvé : David Bowie. Le flop. Et pendant 2 ans, rien.

C’est sa rencontre et son association avec un manager totalement véreux, Tony Defries, qui va le faire décoller. Tony Defries, c’est l’image d’Epinal du margoulin, du bling bling malhonnête dans toute sa splendeur. Alcool, Drogue, Fourrures, cigares, extravagances en tous genres…

Stratégie tape à l’oeil qui va se révéler payante.

Son coup de génie c’est de faire de David Bowie une star avant qu’il n’en soit réellement une.

La start up Bowie investit alors à perte, dans des limousines, des suites de palace.

Message: cet homme est une star. Tout le contraire de ce qui s’est passé pour les Beatles.

Et ensuite, 1972: c’est en lançant Ziggy Stardust . que Bowie se transforme en PME très solide. La presse avait été appâtée par le personnage.

Et l’artiste est plus qu’au rendez-vous. C’est l’envol de David Bowie, 7 millions de disques vendus. Bowie qui évidemment, s’apercevra que son producteur véreux lui a volé une partie de ses royalties, procès et rupture s’ensuivent assez logiquement.

Viennent ensuite les années 80 et 90: une autre dimension . Avec Bowie, on passe en un rien de temps de la PME à l’ère industrielle . En 1982 il signe avec la maison de disque EMI. AvecLet’s dance il écoule 10 millions de disques vendus. Début des tubes et des tournées internationales. Et c’est 15 ans plus tard qu’il innove véritablement au niveau financier. 1997 : il décide de "s’auto introduire" en bourse.

Il donne son nom à un instrument financier, le "Bowie Bond », un titre de dette. Et c’est ça qui va lui permettre de lever des fonds pour le restant de ses jours. C'est une sorte de grand emprunt à son nom qui va même lui valoir un triple A, décerné par l’agence de notation Moody’s. Le chanteur va donc lever des fonds en se servant de ses droits d'auteur. En fait il s’est créé son propre système d’avance sur recette. Sans doute ce qui lui a permis d’aller jusqu’au bout de sa créativité.

Moralité, en économie: investir sur ce qu’on est pas encore, peut permettre de le devenir.

Une chronique réalisée grâce au dossier d’Alter Eco+ "Bowie, portrait de l'artiste en entrepreneur".

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