Le week-end dernier, en Grande-Bretagne, une publicité a saisi d’effroi les téléspectateurs de

Imaginez une jeune femme à la plastique parfaite, qui vous aide à domicile, en tout et à toute heure.

Elle est organisée, minutieuse, prévenante pour vos enfants, cuisinière matin, midi et soir, jardinière et ménagère entre les repas, compétente pour les devoirs, disponible pour les courses. Bref l’esclave à domicile idéale.

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Le cinq sept 2013 - S Eco du Matin \" Meet Sally\"

Rencontrez Sally.

L’aide à domicile dont vous avez toujours rêvé

Elle est plus rapide, plus forte, et plus compétente encore qu’avant

Sally fait partie de votre famille. Une enseignante, une épaule, une amie. Nouvelle Génération de Persona Synthetics, plus proche de l’homme que jamais auparavant.

Vous l’avez compris : si elle si parfaite, c’est qu’elle n’est pas humaine. Elle est cyborg ! Non, la Cyborg Sally n’existe pas. C’était une pub très réussie pour la nouvelle saison de la série Real Humans. Disons, pour être tout à fait exact, que Sally n’existe pas…encore.

Cyborg
Cyborg © Cité des sciences / Cité des sciences

Mais si cette publicité a eu autant d’impact sur le public, c’est qu’on n’est pas très loin de ce scénario.

Il y a un an et demi, 2 chercheurs de l’université d’Oxford, en Grande-Bretagne, ont évalué à 47% les emplois qui, aux Etats-Unis, pourraient être réalisés par des ordinateurs. Transposée à la France, l’étude donne à peu près les mêmes résultats: 3 millions d’emplois supprimés au profit de ce qu’on appelle la « computerisation » (c’est l’ordinateur qui effectue la tâche) et cela dans les 10 prochaines années.

Un scénario très sombre pour l’emploi, sur lequel les économistes se penchent avec plus ou moins d’optimisme. Notamment depuis l’apparition de la voiture sans chauffeur Google Car.

Parmi les optimistes, les chercheurs Guy Michaels et Georg Graetz de la London school of Economics. Eux ont découvert que la robotisation a fait gagner près d’un demi point de croissance, sans nuire à l’emploi.

A l’autre bout de l’échiquier, les pessimistes. Exemple: l’économiste Jeffrey Sachs de l’université de Columbia. Pour lui, la destruction d’emplois n’est pas compensée. Les machines intelligentes deviennent alors les artisans d’une grande misère sociale et humaine. Sauf à redistribuer les profits générés par les robots aux hommes.

Finalement, dans la vie, avec ou sans Sally, la prospérité humaine dépend avant tout de la redistribution.

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