carlos ghosn prêt à un geste sur son salaire
carlos ghosn prêt à un geste sur son salaire © reuters

Selon une étude du cabinet de conseil Proxinvest, les grands patrons se sont augmentés l'année dernière, de plus de 2,4% en moyenne, malgré la crise.

Ils ont gonflé leur salaire en 2012 et cette chanson de Boris Vian pourrait bien résumer leur complainte : "ah si j'avais un franc inquante.. j'aurais bientôt deux francs cinquante..."

Certes, on n’est pas sur les mêmes proportions, mais on est dans la même logique : pour 13 dirigeants des 120 plus grandes entreprises françaises, la rémunération moyenne est donc un grand fleuve qui a dépassé les 4,7 millions d’euros, soit 240 SMIC.

Au palmarès des plus riches, vous trouvez Bernard Charlès, directeur général de Dassault Système. Salaire: 14,9 millions d’euros l'an dernier. Il envisage d'ailleurs de quitter la France en raison de sa fiscalité trop lourde à son goût.

Médaille d'argent: Carlos Ghosn, le patron de Renault avec 13,4 millions d’euros.

Enfin, le bronze est décerné à Bernard Arnault pour Christian Dior et LVMH avec 9,5 millions d'euros.

Les patrons, eux, regardent le verre à moitié vide,parce qu'ils ont beau s'être augmentés, leur rémunération totale moyenne (qui comprend salaire, bonus, capital et indemnités) est loin de celle des Charlès Ghosn ou Arnault: elle a baissé de 6,3% en 2012 . Soit une moyenne générale de 2,8 millions d’euros.

On est donc loin des émoluments d'avant la crise 2006 par exemple, quand cette moyenne se situait autour de 5,6 millions d’euros.

Une rémunération qui n’est pas liée aux résultats de l’entreprise, et c'est bien là que le bât blesse. Si on prend le bénéfice net cumulé des entreprises du CAC 40, il a baissé de 27% en 2012.

Et si l'on regarde de près les résultats d'une entreprise comme Renault, ce n'est pas brillant non plus : sur ces 3 dernières années, les ventes de voitures neuves ont baissé et le chiffre d'affaires aussi. Sauf que les rémunérations des dirigeants ne sont pas calculées sur les résultats à long terme, mais sur des variables à court terme qui, évidemment, les avantagent.

En fait, 9% seulement de la rémunération totale des présidents exécutifs repose sur des conditions de performance mesurées sur trois années complètes.

Encadrer les rémunérations des dirigeants faisait partie des promesses de campagne de François Hollande : u n projet de loi a plusieurs fois été annoncé, mais jusqu'à présent il a toujours été reporté.

En revanche, certains de nos voisins s'interrogent tout haut: la Suisse par exemple. Le 24 novembre prochain, ils vont voter par référendum pour plafonner les rémunérations de leurs dirigeants, mais le gouvernement de Bern a déjà appelé à voter contre ce plafonnement proposé par les jeunes socialistes au nom de l’attractivité et de la compétitivité de leur pays.

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