La société commerciale de la maison d'Elvis Presley, Graceland, à Memphis, dans le Tennessee, qui exploite le site, a décidé d’étendre le domaine à grands frais. Ce qui fait de Graceland le symbole d’une question cruciale : jusqu’où doivent aller les hommes politiques pour attirer les entreprises privées?

Il est tout sens dessus dessous Elvis. Mais en ce moment à Memphis, c’est plutôt le contribuable qui est dans cet état. Il vient d’apprendre que Graceland, la demeure aux colonnades blanches du King, allait s’grandir.

Vous me direz : jusque-là, tout va bien.

Le salon de Graceland, la résidence d'Elvis Presley
Le salon de Graceland, la résidence d'Elvis Presley © radio-france / Cybjorg

Le domaine accueille déjà 600 000 visiteurs par an en moyenne pour voir la jungle room à la moquette verte et la salle des disques d’or. L’idée, c’est d’augmenter leur nombre en rajoutant un hôtel et des divertissements en tous genres. Investissement: 110 millions d’euros.

Là où le contribuable est tout « shook up », c’est que pour encourager cette expansion, la municipalité a fait un pont d’or à l’entreprise exploitante : une exonération fiscale de 70 millions d’euros.

Le jeu en vaut la chandelle en termes d’activité économique et de créations d’emplois. Vous feriez un excellent homme politique américain. C’est tout à fait l’argument avancé… Sauf que cela reste à prouver.

A Memphis, le chef de la police locale (et accessoirement candidat à la mairie, mais ça c’est une autre histoire), s’alarme. Ses effectifs ont baissé de 400 personnes. 400 policiers qui ont quitté les commissariats du Tennessee parce que les salaires étaient trop bas. Au nom du saccage des services publics de la ville, il réclame donc, le chef de la police, une pause sur les incitations fiscales.

Et dans le droit fil de cette interrogation en août, une nouvelle règle a été instaurée par la Government Accounting Standard Boards, une sorte de Cour des comptes mais avec du pouvoir. Les Etats et les collectivités vont devoir prouver le retour sur investissement des incitations fiscales.

En France est-ce que la question se pose dans les mêmes termes. Elle le devrait. Vous vous souvenez peut-être de l’installation d’Amazon à Lauwin-Planque, dans le nord de la France, il y a deux ans.

Le maire avait fait la danse du ventre pour faire venir un gigantesque entrepôt sur sa commune. Il avait fait fabriquer, aux frais de la commune, la route qui n’existait pas, retourné la terre du champ pour que les travaux soient plus rapides, toujours aux frais de la municipalité.

Et à chaque CDI créé, la commune mettait la main à la poche. Où en est Lauwin-Planque, 2 ans après ?

Il serait plus que bénéfique de faire le point, surtout quand Amazon ne paie pas intégralement ses impôts en France.

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