levée du préavis de grève des pilotes pour début août
levée du préavis de grève des pilotes pour début août © reuters

Les pilotes menacent de faire une grève sans précédent: un mois intégral en mai. Le fameux mois de tous les ponts et donc des longs week-ends. Leur syndicat majoritaire, le SNPL, réclame entre autres la suppression de la loi sur le service minimum.

Ce matin je vous emmène à l'aéroport. Je vous demande d'imaginer que vous êtes pilote d'avion: vous avez la casquette sur la tête, la chemise blanche, la jaquette, l'insigne avec les petites ailes, et dans l'avion, c'est vous qui avez les commandes.

Mais figurez-vous que dans l'enceinte de l'aéroport, c'est une autre histoire : vous êtes un individu comme autre. Comme tout le monde, vous devez passer les portiques de sécurité avant d'embarquer 2 à 4 fois par jour si vous travaillez sur des vols intérieur, vous devez vider vos poches, vous prêter aux fouilles, enlever votre ceinture vos chaussures, histoire de vérifier que vous n'êtes pas un terroriste. Ce rituel incessant de la sécurité aujourd'hui dans chaque aéroport est l’un des premiers motifs d'exaspération des pilotes.

Voilà des mois maintenant qu'ils réclament un vrai passage à part en France, avec des contrôles biométriques spécifiques, et surtout plus rapides, ce qui se pratique déjà aux Etats-Unis.

Un vrai enjeu, disent-ils, car il est déjà arrivé que la sécurité laisse passer de faux pilotes adeptes de l'usurpation d'identité.

Autre motif de cette grève : pouvoir faire grève !

Les pilotes voient un obstacle sur leur tableau de bord: la loi Diard qui les oblige à prévenir 48 heures à l'avance de leur mouvement de grève, en principe pour assurer le service minimum.

Les pilotes estiment que cela laisse suffisamment de temps à la direction pour aller chercher d'autres pilotes à l'étranger pour les remplacer, ce qui affaiblit ensuite bien sûr la portée du message.

C’est exactement ce qui s'est passé lors des dernières grèves chez easyjet ou plus récemment, chez Lufthansa.

L'actuelle majorité avait critiqué cette loi lors de sa promulgation sous Sarkozy en 2012. Elle avait promis de l'abroger, ce qui, maintenant, n'est plus au semble-t-il au programme. D'où, là encore, l'amertume des pilotes.

Enfin, la corporation a aussi des exigences d'ordre plus général, comme d'être reconnue comme une corporation à part entière, avec une convention collective.

Mais ce qui est également intéressant dans ce mouvement, et peut-être plus inattendu, c'est que les pilotes se font ici les porte-paroles d'Air France. Ils expriment aussi leur inquiétude face au fonctionnement des aéroports avec, notamment, l'explosion des taxes en tous genres: l'augmentation de la taxe Chirac sur les billets d'avion, l'augmentation des prestations facturées par aéroports de Paris. Tout ça dans un environnement de plus en plus concurrentiel, où les pays du Golfe sont de plus compétitifs.

Y-a-t-il réellement une chance pour que tout soit bloqué pendant un mois?

"On n’est pas suicidaires" disent les pilotes. Ils réclament simplement un signal du gouvernement pour que leur situation puisse évoluer, et espèrent qu'en trois mois, certaines de ces revendications aboutiront à des décisions concrètes.

Merci Catherine Boullay… C’était l’Eco du matin…

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