C’est aujourd’hui que les Russes fêtent le Nouvel An : l'occasion de nous prendre à Sotchi, une ville qui peine à trouver une nouvelle vie, un an après les Jeux olympiques.

Maria Sharapova, la flamme olympique en main, qui court à petites foulées tout au long du stade, malgré les moins 20 degrés : je sais bien que l’image ne vous a pas laissé de marbre.

Sauf que nous voilà un an après et Maria Sharapova est retournée vivre à Miami.

Les Russes, eux, se retrouvent avec sur les bras l’infrastructure qui leur a coûté le plus cher de toute l’histoire des JO, plus cher, même, que les JO chinois de 2008 : 37 milliards d’euros à la fin des travaux, contre 8 milliards annoncée au départ.

Le site n’a pas les moyens de se reconvertir, du moins, pas de quoi faire revenir Maria Sharapova, mais c’est vrai que Sotchi a quelques atouts.

les jeux de sotchi, vitrine de la russie moderne
les jeux de sotchi, vitrine de la russie moderne © reuters

D’abord et avant tout, c’est une station balnéaire et les pistes de ski sont à moins d’une heure de route. Et justement, une route doublée d’une ligne de chemin de fer a été construite pour relier les pistes à la mer, ou la mer aux pistes de ski, comme vous préférez.

Tout ça pour la modique somme de 7 milliards d’euros, pour 48 kilomètres de travaux : cherchez l’erreur…

L’ancien vice-premier ministre opposant à Vladimir Poutine a même écrit un rapport circonstancié sur le sujet pour dénoncer la corruption. Le patron des chemins de fer, le Guillaume Pepy local si vous voulez, lui a répondu sans être inquiété que c’était de la diffamation.

Un lieu idéal pour faire venir les vacanciers ? Pas sûr.

D’abord parce que les Turcs et les Bulgares font sérieusement concurrence aux Russes. Ceci dit, la chute du rouble en décembre dernier a bien rendu service à la station. Pour un Russe moyen, partir à l’étranger coûte maintenant deux fois plus cher.

Depuis, les réservations sur le site de Sotchi ont presque été multipliées par 3, affectant forcément les hôtels en France à Courchevel par exemple. Finalement, janvier à Sotchi, c’est le moins mauvais mois de l’année ; on est loin de la ville déserte que certains ont pu photographier en août dernier.

Maintenant, Vladimir Poutine se prépare à accueillir la coupe du monde de football de 2018. On peut espérer, pour le contribuable russe, qu’il pense au-delà de l’événement, à la pérennité des structures. Qui sait, cela fera peut-être revenir Maria Sharapova ?

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.