Aujourd’hui sort en librairie un petit ouvrage écrit par un collectif d’experts de la finance : « Stop à la dérive des banques et de la finance », 60 pages, aux éditions de l’Atelier.

« Stop à la dérive des banques et de la finance »
« Stop à la dérive des banques et de la finance » ©

Pour seulement 5 euros, vous avez là de quoi tout comprendre au fonctionnement du secteur bancaire. Il faut dire que l’auteur connaît son sujet : Claude Simon est professeur à l’ESCP Europe. Il s’est entouré, pour l’écrire, de deux hommes qui, eux aussi, connaissent par cœur les rouages du système financier : Michel Crinetz, ancien commissaire contrôleur des assurances et Guy Flury, ancien commissaire aux comptes d’établissements financiers.

Tous les trois sont des dauphins de Stéphane Hessel et pour tenter d’influencer les acteurs en place, ils se sont regroupés dans le collectif Roosevelt, initié par l’ancien résistant. Avec plus de 112.000 personnes, ils ont signé l’appel initié par Hessel qui porte le titre de l’ouvrage: « Stoppons la dérive des banques et de la finance ».

Ils proposent 4 axes de travail qui, à les lire, paraissent excessivement simples à mettre en œuvre, mais surtout qui pourraient répondre à la crise économique que nous traversons en ce moment :

  • S'ils étaient aux commandes ils instaureraient une véritable muraille de Chine entre les activités traditionnelles des banques et leurs activités spéculatives ;

  • Ensuite, ils mettraient en place une surveillance des banques ;

  • Ils lutteraient contre les paradis fiscaux tout en harmonisant les fiscalités européennes ;

  • Enfin, ils encadreraient sérieusement la spéculation et la finance.

Pour mettre en œuvre ces 4 axes de travail, le s solutions semblent à portée de main (c’est d’ailleurs ce qui rend cet ouvrage très agréable à lire, d’ailleurs).

En ce qui concerne la séparation des activités bancaires et des activités spéculatives, les auteurs veulent aller bien plus loin que la loi votée en France en juillet dernier. Cette loi oblige simplement les banques à regrouper leurs activités de spéculation dans une filiale.

Les auteurs, eux, proposent de séparer les métiers.

La banque traditionnelle devrait se voir interdire purement et simplement toutes les opérations de marché, sauf quand cela devient vital pour elle. Si les dirigeants ne respectaient pas ces règles, ils se verraient tout simplement retirer leur licence.

Selon les auteurs de ce livre, cette mesure aurait un véritable impact sur le fonctionnement de l’économie réelle.

Pourquoi les entreprises et les particuliers ont-ils aujourd’hui les pires difficultés à accéder au crédit? Parce que ce sont les opérations de marché qui consomment, voir consument ces fonds. Si les banques fonctionnaient avec plus de fonds propres, l’argent serait réinjecté dans l’économie.

Bien sûr, tout cela n'est pas exhaustif. Des agences de notation en passant par les instruments financiers, Claude Simon propose d'autres solutions.

Je vous cite, pour conclure, cette phrase tirée de l’enquête parlementaire sur les causes de la crise remise à Barak Obama en janvier 2011 : « La crise était évitable. Elle a résulté d’actions et d’inactions humaines et d’erreurs de jugements. Les avertissements ont été ignorés. La plus grande tragédie serait d’accepter que personne ne l’avait prévue, et que par conséquent rien n’aurait pu être fait. Si nous l’acceptons, cela arrivera de nouveau.»

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Stop à la dérive ... éditions de l'atelier

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