Par Dorothée Barba

On s'intéresse au marché des diamants, alors qu’un nouveau record du monde vient d’être battu.

63 millions de dollars : c’est désormais le diamant le plus cher au monde. Le genre de caillou qu’il ne faut pas ranger n’importe où, car ce serait dommage de l’égarer ! La société canadienne Lucara Diamond a vendu pour ce prix une pierre de 813 carats à une société de négociants basée à Dubaï. Le record devrait être de courte durée puisque la même société doit bientôt vendre aux enchères à Londres un autre diamant, issu de la même mine au Botswana : le plus gros diamant du monde, 1.109 carats. Le record historique est toujours détenu par le Cullinan, découvert en 1905. Il faisait plus de 3.000 carats mais il n’existe plus en l’état puisqu’il avait été transformé en neuf diamants pour les Joyaux de la Couronne britannique.

Diamant
Diamant © Radio France / Jürg

Ce qui est particulier dans ce marché c’est que le diamant est moins soumis à la spéculation que l’or ou même l’immobilier. Mais la valorisation du diamant est aussi beaucoup plus complexe à établir que celle de l’or : le prix dépend de la couleur, de la pureté et de la taille de la pierre. Donc ce n’est pas non plus une valeur refuge magique, comme le laissent croire les sites internet spécialisés en « diamant d’investissement ». En tout cas,la demande mondiale est fragile , mais en hausse : +2% entre 2014 et 2015 selon un géant du secteur, le sud-africain De Beers.

Et pour espérer doper l’offre, il faut investir beaucoup d’argent. De Beers a lancé un projet à deux milliards de dollars, sur la mine de Venetia, en Afrique du Sud : des tunnels vont être creusés sous cette mine à ciel ouvert, pour accéder à des roches à plus de mille mètres de profondeur. Les travaux ont déjà commencé.Investissement colossal qui prouve bien que ce marché est à un tournant : les diamants sont de plus en plus rares. Le pari est d’autant plus risqué que le secteur minier va bientôt souffrir d’un concurrent de taille : les diamants synthétiques, fabriqués en laboratoire. Ils existent depuis longtemps dans l’industrie, notamment l’aéronautique, mais s’installent désormais dans le secteur de la joaillerie . Ils sont moins chers : 30% de différence pour l’instant, et les prix pourraient encore s’effondrer avec l’amélioration des technologies. Les diamants de laboratoire, qu’on préfère appeler des « faux diamants » dans le milieu feutré du luxe, bénéficient en outre d’un ambassadeur de marque : Leonardo Di Caprio, qui a investi dans la sociétéDiamond Foundry. Tout l’intérêt pour le consommateur, c’est que les diamants synthétiques seront a priori plus respectueux de l’environnement et des conditions de travail. On se souvient du film Blood Diamond , avec, justement, Dicaprio, qui racontait le côté sombre de l’industrie minière.

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