D’ici 15 jours, on verra apparaitre des poulets dans nos journaux car l’Association de Promotion de la Volaille Française va lancer une grande campagne pour encourager les Français à acheter des poulets « Made in France ».

la france inquiète pour ses exportations de volaille
la france inquiète pour ses exportations de volaille © reuters

Il y a 87% de chances que le poulet que l'on consomme dans les restaurants d'entreperise soit non pas français mais belge, polonais ou allemand, voire thaïlandais ou même brésilien.

Dans les cantines scolaires, c’est la même chose.

Dans les sandwichs vendus sous blisters, dans les plats cuisinés, dans les salades toutes faites, la viande de volaille est largement importée de l’étranger (68%). Chiffres avancés par France Agri Mer. Résultat : la balance commerciale du poulet est devenue déficitaire en 2014. Grande première malheureuse pour ce fleuron de l’agriculture française.

Pourtant il y a eu des campagnes de communication pour nous encourager à acheter made in France. L’an dernier vous avez eu cette vidéo qui n’a pas pu laisser la ménagère de moins de 50 ans indifférente :

Une sorte de Femen homme, un Homen torse nu, inscription à la graisse noire sur les pectoraux: « Oui aux poulets bien élevés » ou encore « Non aux volailles sans papiers ». Pas forcément du meilleur goût en pleine campagne pour les municipales.

Ceci dit, maintenant, les particuliers et même les grandes surfaces jouent le jeu des producteurs français.

Dans la viande vendue à la découpe dans les hypermarchés, seuls 13% des volailles ont traversé une frontière.

Maintenant, il s’agit pour le coq français de reprendre l’avantage à la cantine. Comment faire ? En ciblant les restaurateurs et les collectivités dans les magazines spécialisés longtemps négligés par la filière.

Pour cela, les volaillers vont aussi recevoir le renfort de l’Europe qui va imposer une nouvelle règlementation à partir du 1er avril: une étiquette qui vous dira où a été élevée la bête, où elle a été abattue . Mais cela ne concernera toujours pas les plats cuisinés ou les préparations industrielles, ce qui serait quand même efficace pour être sûr qu’on mange bien du poulet et pas du cheval.

L’autre évidence serait de refuser le traité de marché unique transatlantique qui aidera les Américains à écouler leur poulet au chlore sur le marché français. Mais ce n’est apparemment pas à l’ordre du jour.

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