Lundi dernier s’est ouvert à Gênes en Italie, pour une semaine, la réunion plénière de la communauté internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique : l’ICCAT. Discussions à couteaux tirés car les industriels plaident pour une augmentation des quotas de pêche ; les organisations environnementales pour la limiter.

Quand vous achetez votre boîte de thon au supermarché, vous n’imaginez pas tout ce qui se passé avant qu’elle n’arrive en rayon.

Le thon rouge était menacé de disparition
Le thon rouge était menacé de disparition © maxppp

D’abord il aura fallu se mettre d’accord sur la gestion des stocks.

On se souvient des images chocs qui avaient fait le tour du monde dans les années 2000, à l’époque on s’inquiétait de la pêche sans conscience et on craignait la disparition des thons rouges.

Depuis, les stocks reproducteurs se sont reconstitués en Méditerranée et dans l’Atlantique : ils sont estimés à 550 000 tonnes selon le comité scientifique de l’ICCAT, soit trois fois plus qu’il y a dix ans. Du coup, les industriels ne voient pas pourquoi le nombre de poissons qu’ils peuvent pêcher n’augmenterait pas.

Pour les ONG comme Greenpeace, la visibilité sur le nombre n’est pas si évidente, donc par précaution, mieux vaut en rester au statu quo.

En ce moment, à Gênes, il est aussi question des méthodes employées

Notamment ce qu’on appelle le « DCP », qui signifie Dispositif de Concentration de Poissons, une technique de radeaux flottants équipés de GPS, qui entraînent par erreur la capture de tortues de requins de raies ou encore de thons trop jeunes qui n’ont pas eu le temps de se reproduire.

Au-delà des quotas et des techniques de pêche, une tendance inquiète sérieusement les ONG :la privatisation de la mer, l’achat de la mer par des sociétés privées.

On connait bien maintenant l’accaparement des terres par les multinationales. Et bien le même phénomène a lieu dans les mers, phénomène dramatique pour les communautés de pêcheurs traditionnels.

En septembre dernier.. un rapport publié sous l’égide du forum mondial des peuples de pêcheurs.. le WFFP.. a même tiré la sonnette d’alarme.

Car cette tendance est tout à fait liée à la question des quotas.

Au Chili par exemple, 4 entreprises se partagent le contrôle de 90% des quotas. Autre exemple en Norvège : c’est Marine Harvest Norvège qui produit un cinquième de la production mondiale de saumon.

A Gênes, jusqu’à demain, il sera donc question de noms barbares comme le QIT (Quota individuel Transférable ou de Concession de pêche transférable). Des formules opaques qui aboutissent à mettre en vente la mer.

Une mise en vente que les hommes politiques ont tendance à présenter comme une façon de préserver l’environnement, ce qui est plus que discutable, même quand on a envie d'un sandwich au thon.

Le thon rouge était menacé de disparition
Le thon rouge était menacé de disparition © maxppp
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